Test – The Chant : le jeu à méditer

A la croisée des Resident Evil et Tomb Raider, The Chant tente d’emmener les joueurs dans son univers étrange et psychédélique. Une plongée séduisante mais plombée par sa réalisation.

Dans quelle galère s’est donc fourrée Jess Briars, pourrait-on se dire durant la première demi-heure de jeu sur the Chant? Rendez-vous compte: débarquée sur une île isolée, l’île de la Gloire, la jeune femme est invitée par Prismic Science sur les bons conseils de son amie Kim. Souhaitant fuir des traumatismes passés, elle se laisse séduire par la voie de ce camp d’entraide spirituelle comme elle aime se faire appeler. Jess était loin de se douter que cette secte s’adonne surtout à d’étranges expérimentations.

C’est lors d’un rite de chant spirituel que tout bascula soudainement: une porte tridimensionnelle s’ouvrit en effet pour déverser des êtres maléfiques dans le monde réel. Apeurée, Jess parvint à puiser dans ses propres ressources pour échapper à ces horreurs: il lui en faudra cependant davantage pour tenter d’arrêter l’expansion de l’île de la Gloire et trouver un moyen de s’échapper d’elle. Avec une thématique plutôt originale, le joueur se retrouve rapidement plongé dans cet univers cauchemardesque aux influences 70’s.

Un corps sain dans un esprit… saint

Pour les habitués du genre survival horror, ils ne seront pas très surpris par le scénario de The Chant. Jess s’enfonce en effet toujours plus loin loin dans l’île pour tenter de déceler les mystères qui l’entourent. Les développeurs du studio Brass Token ont cependant disséminé quelques surprises quant aux protagonistes qui peuplent l’île de la Gloire. Le joueur contrôle Jess en vue à la troisième personne tout au long de l’aventure.

D’une manière assez classique, chacun des six chapitres se concentre sur un personnage de l’histoire, débloquant de nouvelles mécaniques et des zones de l’île inexplorées. Là où The Chant se démarque des titres du genre, c’est par son ambiance psychédélique et sa bande son mystique. Au fur et à mesure de sa progression, Jess collectera des objets, des informations sur ses ennemis et des histoires sur l’île et ses habitants qui lui en apprendrons davantage sur les événements tragiques passés.

Nature et découvertes

Sur le plan de sa réalisation, The Chant calque son système de jeu sur celui de la survie. Le joueur devra ainsi explorer les recoins, ramasser et gérer ses ressources et combattre les créatures de l’île. L’originalité vient des paramètres de survie de notre héroïne. Au nombre de trois contre un en général, il vous faudra en effet trouver le juste équilibre entre votre santé, votre mental et votre spiritualité.

Si naturellement on veillera à maintenir sa jauge de vie à flot en permanence, le joueur devra être vigilant sur son mental pour ne pas céder à la panique face à ces adversaires, notamment lors des phases critiques: Jess sera alors incapable d’attaquer ou de se défendre des assauts ennemis. La spiritualité aura aussi son importance puisqu’elle permettra à Jess de développer de nouvelles aptitudes de combat lors de ses phases de méditation. La jauge de spiritualité servant aussi à l’utilisation des capacités spirituelles durant les affrontements, le joueur sera dans l’obligation de faire des choix cruciaux ou risqués. Négliger une jauge plutôt qu’une autre peut vous rendre soit plus vulnérable, soit vous limitera dans votre avancée dans l’aventure. On a là un concept intéressant qui oblige le joueur a se préparer minutieusement avant chaque combat important, en allant rechercher dans le moindre petit recoin des ressources vitales.

L’île sans tentation

Après plusieurs heures de jeu, trois aspects de The Chant apparaissent comme ses principaux points faibles: les combats, les énigmes et les graphismes. Parlons des combats: l’arsenal de Jess se composent de trois types d’armes de proximité et tout autant de projectiles. Chaque ennemi (zombies, sorcières et autres « monstropolantes ») dispose systématiquement d’un point faible relative à l’arme à utiliser. Pas question d’armes à feu ici: pourtant les seules moyens d’attaque et de défenses doivent être confectionnés à partir de ressources (bâtons de sauge, huiles essentielles) et se dégradent lors de chaque utilisation.

Les ressources étant rares, il arrive bien souvent qu’on se retrouve avec des armes inappropriées et donc à enchaîner « esquive/spam » sur ses ennemis durant de longues minutes sans que pas grand chose ne se passe. Il se dégage en définitive un aspect brouillon et répétitif des affrontements. Et même de la frustration lorsqu’on tombe au combat, démuni, après une bonne dizaines de minutes à tenter de survivre en vain à des jets empoisonnés reçus et des assauts de zombies. Pour ce qui est des énigmes, elles sentent le réchauffées et manquent cruellement d’imagination. Enfin, le côté ultra gore des graphismes de The Chant ne parvient pas à camoufler la modélisation 3D approximative de certains décors et protagonistes, avec une qualité de texture par moment douteuse. Seule notre névrosée de Jess s’en sort le mieux en dépit d’une animation bien moins féline que celle d’une Lara Croft.

The Chant est actuellement disponible sur les consoles PS5, Xbox Series X|S et PC.

VERDICT
6/10

JEU - The Chant PS5

Par son ambiance mystique et d’épouvante, The Chant avait clairement du potentiel face aux ténors du genre. Ses mécaniques de jauges et l’arsenal de combats de Jess contribuent grandement à immerger le joueur dans cet univers inquiétant. Il est dommage que ce travail de fond des développeurs soit plombé par un système de combat poussif et injuste, ainsi que par une réalisation en demi-teinte. Faut-il pointer du doigt le manque de budget qui aurait fait basculer le titre de Brass Token du rang de simple A à celui de AAA ? La réponse se trouvera sans doute dans une suite éventuelle…. On le souhaite en tout cas !

On adore…

  • Le thème spirituel rarement traité dans le jeu vidéo
  • jauge de vie / spiritualité / mental: entre complémentarité et ingéniosité
  • une ambiance bien glauque et flippante
  • Une histoire qui donne envie d’avancer

On déteste…

  • Des combats poussifs et répétitifs
  • Des énigmes vues et revues
  • Une modélisation 3D qui oscille entre le bon et le moche
  • Quelques bugs dans l’animation des personnages et ennemis

Test réalisé sur Playstation 5 à partir d’une édition physique envoyée par le distributeur Plaion France.

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