TEST – God of War : Ascension PS3

God of War : Ascension – On pensait en avoir terminé avec les douze travaux de Kratos au terme d’un God of War 3 épique et d’un excellent GOW: Ghost of Sparta. Mais la licence était bien trop juteuse pour que les studios de Santa Monica décident de se passer de leur grec alors que la console PS3 arrive aujourd’hui à maturité. Avec Ascension, c’était l’occasion de faire la lumière sur la cause du mal qui ronge notre spartiate colérique. Mais la décision prise d’ouvrir cette boîte de Pandore n’était-elle pas trop hâtive ?

god of war ascension

La saga God of War ne pouvait s’achever sans lever le voile sur les origines de Kratos. Les événements d’Ascension se déroulent ainsi avant God of War premier du nom, au moment même où Kratos se voit déchû de sa part d’humanité, mettant à feu et à sang son propre village, et sans le savoir sa femme et sa fille également. Se rendant compte de sa folie, il veut se venger d’Arès mais reste lié à lui à cause de son serment. C’est à cet instant que Kratos se retrouve capturé par trois sœurs Erynies. Une pirouette qui sonne davantage comme une quête secondaire qu’on aurait inséré dans la trilogie grecque jusqu’ici cohérente. Voilà donc un choix contestable pour le retour attendu de Kratos sur console de salon, qui tient davantage de l’épaisseur scénaristique des épisodes sortis sur PSP avouons-le.

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episode zéro

Pour autant, God of War : Ascension présente tous les aspects d’un God of War « burné ». Avec ses hordes d’ennemis à foison, allant du classico-troll géant à l’imposant éléphant-man, avec ses coffres bonus à ouvrir et ses armes à débloquer au fur et à mesure de votre progression. Ces dernières se déclinent en quatre éléments (feu, glace, foudre et âmes) qu’il vous faudra améliorer au moyen d’orbes rouges récoltées en massacrant vos ennemis ou lors de vos fouilles de coffres. Pour autant, on reste sur sa faim quant au nombre d’armes disponibles puisqu’on utilisera essentiellement le duo lame/chaîne de Kratos: la lance, le marteau ou le bouclier sont présents en qualité qu’armes secondaires lorsqu’ils sont arrachés aux mains des soldats ennemis.

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L’effet waou

Le sens du spectacle est toujours une gageure dans God of War et cet épisode ne déroge pas à la règle. Comme dans un épisode 3D de Sonic the Hedgehog, on reste admiratif face aux acrobaties du futur dieu de la guerre, avec ses balancés tel un trapéziste, ses bonds gigantesques au ralenti ou ses phases de glissades digne d’un surfeur. Les premières minutes sont d’ailleurs grandioses avec une ascension vertigineuse d’une montagne qui d’un simple mouvement de caméra, se transforme en un gigantesque monstre ! Effet saisissant ! J’ai d’ailleurs apprécié le passage où Kratos se retrouve dans une cage en proie à des soldats, cage que le géant prend un malin plaisir à retourner dans tous les sens telle une balle anti-stress. Même sentiment d’émerveillement lorsque Kratos se retrouve sur le corps écaillés de serpents géants qui commencent à se mouvoir. Ce type de prouesse visuelle fait malheureusement figure d’exception dans ce God of War Ascension, se contenant bien souvent de recycler des idées déjà aperçues dans les précédents opus, notamment dans God of War 3. Las, on retrouvera d’ailleurs la plupart des monstres issus du bestiaire du troisième épisode.

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Sands of time

Cette impression de répétitivité n’a jamais été aussi fort que dans cet épisode, la faute au côté dramatique moins prononcé et à de longues phases de dialogues assez rébarbatives. Une monotonie qui se retrouve heureusement contrebalancée à partir de la seconde moitié du jeu grâce à des énigmes un peu plus élaborées qu’à l’habitude dans la série, où il faudra user du pouvoir de modification de l’espace temporel. Le jeu se montre alors davantage captivant puisque grâce à ce pouvoir « à-la-Braid », Kratos sera en mesure de dégrader ou de ramener un élément de l’environnement à son état d’origine: à vous de trouver comment et débloquer ainsi votre chemin. Lors de ces phases, le jeu dévoile alors des effets visuels bluffants, avec des environnements entiers tombant en lambeaux ou des mécanismes flottant dans les airs pour reprendre leur place initiale.

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Reste que l’esbroufe visuelle a tout de même du mal à dissimuler un manque d’originalité notamment concernant les boss dont le schéma d’attaque varie assez peu et où on n’échappera pas aux désormais mythiques QTE qui ont fait la réputation de la série. Difficile en effet de passer outre une jouabilité qui n’a pratiquement pas évolué depuis God of War premier du nom (il suffit de se replonger dans sa version HD pour s’en rendre compte), de se détacher de l’impression de long corridor aux murs invisible et des événements scriptés. Même la bande son semble marquer le pas, avec, ô sacrilège, la disparition du doubleur français de Kratos d’origine pour un nouveau: préférez du coup la VO. Les plus acharnés seront heureux d’apprendre qu’il s’agit de l’épisode offrant le plus de difficulté, notamment dans les modes de difficulté avancé, vers la fin avec le redoutable Défi d’Archimède, où vous attendent des assauts sans fin d’ennemis et des pièges retors (murs se rapprochant, flamme, pics…).

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war of gods

Globalement, dix à douze heures de jeu seront nécessaires pour venir à bout du mode solo, ce qui est une bonne moyenne quand les développeurs semblaient avoir mis l’accent sur le multijoueur. Car oui, LA principale nouveauté de cet épisode est celle de pouvoir jouer à plusieurs, jusqu’à hui en simultanée, aussi bien en locale qu’en ligne sur Internet. Différents modes sont ainsi proposés, de la capture du drapeau en équipe aux matchs à mort classiques. Chaque joueur pourra opter pour sa spécialité qui sera fonction de la divinité choisie. Dans les faits, les combats se montrent assez confus et ne sont pas sans rappeler l’antique Power Stone 2, avec des armes à ramasser et des fatality bien violentes. On retrouve tout ce qui fait l’ambiance de God of War au travers des niveaux spécialement conçus pour le mode mais aussi le bestiaire que l’on aura croisé en solo. Assez défoulant, plus technique et profond qu’il n’en a l’air, on pourra juste regretter que ce mode multi propose un trop faible nombre de niveaux à la longue mais gageons que des DLC viendront rapidement corriger la donne…

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God of War : Ascension atteint son objectif: celui de proposer un épisode  efficace à défaut d’être original. Les préceptes sont toujours bien présents et rien ne viens vraiment trahir cet épisode de la lignée à laquelle il appartient. Tellement qu’un sentiment de déjà-vu s’installe, provoquée par un scénario à l’enjeu déjà prévisible et des mécaniques trop bien huilés depuis le temps. Le titre offre toutefois une durée de vie plus que correcte et un challenge réel pour les plus persévérants. Pour ceux que le mode solo n’a pas rassasié, ils pourraient bien se laisser convaincre par un mode multijoueur assez bien ficelé et qui mérite qu’on s’y investisse. Au final, God of War : Ascension apparaît comme le titre le plus complet de la saga, à défaut d’être le plus marquant.

God of War : Ascension est disponible exclusivement sur console HD Playstation 3.

Note :

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