TEST – Disaster Report 4 : Summer Memories Switch : le jeu aux catastrophes en série

Disaster Report 4

Dans la série des arlésiennes du jeu vidéo, Disaster Report 4 figure en bonne position. Passé de main en main depuis sa première annonce en 2011, le calvaire de son développement a pris fin l’année dernière avec sa sortie au Japon et désormais chez nous. Cette attente interminable en valait-elle cependant la peine ?

Quatrième épisode de la série, ce Disaster Report 4 : Summer Memories a été développé par Granzella, un petit studio japonais fondé par des anciens développeurs de IREM… à l’origine de la série Disaster Report (titre original: Zettai Zetsumei). Distribué en Occident par NIS America, le titre vous propose d’incarner un homme ou une femme, dont les caractéristiques influent sur votre capacité de survie. Débarqué à Kobé pour réaliser un reportage, vous êtes victime d’un accident de bus survenu suite à un violent tremblement de terre. Après avoir repris vos esprits, vous vous rendez compte du chaos provoquées par les secousses sismiques : des immeubles qui s’effondrent, des avenues éventrées, des magasins pillés et enfin, des milliers de gens en détresse. C’est donc à vous qu’il revient de décider de la suite de votre aventure : survivre par vous-même ou venir en aide à votre prochain ?

Vidéo – Test de Disaster Report 4 : Summer Memories (Nintendo Switch)

Se jouant en vue à la troisième personne, la progression de votre avatar dans Disaster Report 4: Summer Memories s’avère assez linéaire. Le joueur passe la plupart du temps à interpeller les habitants ou à leur porter secours. Ce qui impressionne, c’est que les développeurs ont imaginé plus de 70 protagonistes différents, chacun doté de sa propre histoire. Agrémentée de nombreuses cinématiques contextuelles, le joueur doit choisir parmi plusieurs réponses possibles, de la réponse logique à celle à la teneur plus incongrue. Vos choix décideront de la suite de votre aventure : au départ à pied, vous pourrez rapidement utilisez des moyens de locomotions (scooter, canoë pneumatique…) pour pour explorer les environs. A cela, viennent s’ajouter des quêtes de type Fedex, répétitives et fastidieuses à la longue.

La première impression qui se dégage du jeu est celle d’un ratage sur le plan technique. La 3D vieillissante trahit les fondations d’un jeu qui, à l’origine, avait été développé pour la génération de consoles précédentes (NDLR: ce quatrième épisode était annoncée sur Playstation 3 en 2011). Chaque séquence est un florilège de ralentissements et d’effets de clipping, de textures baveuses et de modélisations 3D taillées à la machette. Le passage d’une zone donne lieu à des séquences de chargement répétés et longuets. La jouabilité laborieuse ne rattrape malheureusement rien : on peine à diriger correctement son avatar dans ce dédale à cause de multiples soucis de caméras et de collisions. La rigidité des déplacement des personnages rend certains passages assez délicats et il n’est pas rare de chuter bêtement d’une plateforme, occasionnant la perte subite d’énergie dans votre barre de vie. Frustrant.

C’est bien dommage car Disaster Report 4 : Summer Memories dispose d’atouts. Son attraction réside sur le fait qu’il tient davantage du simulateur de survie durant un tremblement de terre que du jeu d’aventure. Les situations vécues dans le jeu se calquent au monde réel, ce qui permet au joueur de mieux se projeter. Le jeu des acteurs rappelant les dramas japonais prêtent à sourire car ils renvoient à un certain nombre de stéréotypes ancrés dans la société japonaise. A l’instar de la série Yakuza de Sega, l’immersion dans la civilisation nippone est ici totale. D’autant que le sujet dont traite la série Disaster Report est rarement traité dans le monde du jeu vidéo. Étrangement, aucun jeu vidéo actuel n’aborde en profondeur le thème des catastrophes naturelles de cette manière : à l’inverse, il s’agit d’un thème récurrent dans le domaine des productions cinématographiques. On regrettera également de ne pas pouvoir profiter de sous-titres en langue française, l’intégralité du jeu étant doublé en anglais et japonais. Un gros coup de gueule enfin sur la taille ridiculement petites des caractères au vue de la multiplicité de dialogues à lire et sous-titres : celle-ci se révèle totalement inadapté pour un usage nomade sur Nintendo Switch.

Disaster Report 4 : Summer Memories est actuellement disponible sur consoles Nintendo Switch et PS3 PS4.

VERDICT
5/10

JEU - Disaster Report 4 : Summer Memories Switch

Au final, Disaster Report 4 : Summer Memories se retrouve totalement hors circuit face aux productions actuelles. Totalement dépassé dans sa réalisation et son gameplay, il ne séduit que par l’ambiance et l’écriture de certains de ses arcs scénaristiques mais qui sont trop nombreux pour que le joueur s’y retrouve. Cette version Nintendo Switch souffre de plus d’un manque d’optimisation flagrant, que ce soit en mode nomade ou dock. Malgré tout, le titre peut séduire les plus indulgents sur la réalisation pour qui l’odeur de la naphtaline n’effraie plus. Car ceux à la recherche d’un genre sortant des sentiers battus trouveront dans le titre une représentation singulière et réaliste du mode de vie japonais.

On adore…

  • Le retour de SOS : The Final Escape en Occident vingt ans plus tard
  • L’immersion dans la civilisation japonaise
  • L’aspect simulateur de tremblement de terre
  • Le traitement d’un sujet rare dans le jeu vidéo
  • Le nombre impressionnant de protagonistes avec leur quête dédiée

On déteste…

  • Graphisme daté et bugué, jouabilité austère : une réalisation catastrophique indigne de la Playstation 3
  • Des gros problèmes d’optimisation technique sur Nintendo Switch
  • Scénario trop dilué par les quêtes annexes
  • Des protagonistes manquant de charisme
  • Un sous-titrage interdit aux myopes

Test réalisé sur Nintendo Switch à partir d’une version dématérialisée fournie par le distributeur Koch Media

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