Test – Space Adventure Cobra – The Awakening : le pirate de l’espace tire bien mais mou

Test – Space Adventure Cobra – The Awakening : le pirate de l’espace tire bien mais mou

L’homme en collant rouge affublé d’un rayon delta au bras droit est de retour dans un nouveau jeu vidéo baptisé Space Adventure Cobra – The Awakening. L’heure du jugement a sonné !


Les quarantenaires comme moi s’en souviennent encore. En 1985, était diffusé sur nos écrans à tubes cathodiques dans l’émission Récré A2 un animé japonais qui marquera tous les esprits: Cobra. Comptant trente et un épisodes au total, la série se démarquait par son intrigue rocambolesque. Accompagné de sa fidèle acolyte Armanoïde, le pirate de l’espace Cobra est craint de tous ses ennemis. La cause: une arme redoutable située dans son bras droit le rayon Delta (Psychogun dans sa version originale). Celle-ci est en effet capable de venir à bout de tous ses adversaires. Alors que Cobra aspirait à se retirer des affaires, il est accidentellement rattrapé par son passé et est pourchassé par tous ses adversaires d’antan avides de vengeance. C’est ainsi que débutèrent de nouvelles aventures pour Cobra qui le ménera à des rencontres inattendues ainsi qu’ à des affrontements mortels. On doit cet univers et ce héros charmeur dont on prête la ressemblance évidente avec l’acteur français Jean-Paul Belmondo de la grande époque au feu-mangaka Buichi Terasawa, créateur de la série originale en manga qui compte 18 volumes. Au fil des épisodes de Space Adventure Cobra (titre original de la série), on retrouve des inspirations issus de l’univers du Star Wars de Geroges Lucas. Le monde futuriste dans lequel vit Cobra est un monde dystopique. Les néons arborent les façades, les femmes sont resplendissantes sont autant de filles semble tout droit sorti de Blade Runner. Le succès populaire de la série donna droit à plusieurs suites, marquant ainsi plusieurs générations. Du côté de l’animation, c’est indéniablement l’adaptation d’Osamu Dezaki (Rémi Sans Famille, Lady Oscar, Ashita no Joe) qui marque encore les esprits. Le dessin, la mise en scène, les musiques et les accroches de fin d’épisode ont défini des standards qui inspirent encore de nos jours nombre de créateurs d’animés japonais.

« Cobra. Mon nom est Cobra »

Total Recall

Cette longue introduction était nécessaire pour comprendre l’héritage de l’oeuvre de Terasawa-san et les attentes des fans sur cette nouvelle adaptation vidéoludique. Comme son titre l’indique, Space Adventure Cobra :The Awakening démarre au réveil de Cobra sous sous nouveau visage et se poursuit avec le premier arc complet avec la rencontre des filles du pirate Nelson et la quête de son trésor. C’est aussi dans cet arc que Cobra rencontrera le plus fascinant et le plus effroyable de ses ennemis, le légendaire Homme de Verre (nom original: Crystal Boy). Basé sur la série animé Space Adventure Cobra de 1982, le mode Histoire du jeu vidéo se calque sur les douze premiers épisodes. Quatre chapitre spéciaux permettent d’incarner tour à tour Armanoïde, Jane et Dominique. Le quatrième chapitre spécial est l’adaptation du treizième épisode de la série « La Roulette de la Mort », déblocable uniquement pour ceux ayant fait l’acquisition de la version Gold ou Deluxe du jeu .


Cobra et ses drôles de dames

A la différence du studio Endroad pour son adaptation en jeu Goldorak : le Festin des loups du studio Endroad, le studio Magic Pockets Archives a repris sans vergogne le déroulé exact de chaque épisode, intégrant même les extraits de l’animé originel. A ce propos, il est regrettable que ces derniers ne soient pas issus des épisodes remasterisés (NDLR : vous pouvez d’ailleurs retrouver tous ces épisodes remasterisés en HD de la série animé en VF de Cobra, gratuitement et en intégralité sur la Chaine Mangas ci-dessous). 


Mega-cobra

Les moments phares de l’intrigue laissent alors la place à un jeu d’action-plateformer 2.5D, matiné d’un soupçon de metroidvania. Le joueur prend alors le contrôle de Cobra armé de son célèbre Rayon Delta. Les mécaniques du jeu ne rappellent ceux des premiers volets Megaman, sauf qu’on troque notre collant bleu pour le rouge pétant ici. Au fil des épisodes, les séquences de jeu alternent des phases de plateforme pures, de shoot, de puzzles classiques et d’affrontements des quelques bosses emblématiques de la série : Zahora, l’Homme de Verre, Sandra. Notre héros n’aura de cesse d’utiliser son rayon delta soit en tir normal, soit en tir téléguidé. Particulièrement utile, le tir téléguidé est capable d’aligner plusieurs cibles pour les élminer d’un seul tir. Mais l’arsenal de Cobra ne se résume pas qu’à son seul bras droit laser fort heureusement. Il se compose aussi de cigares explosifs, d’un grappin pour atteindre des hauteurs inacessibles et de chaussures magnétiques lui permettant d’escalader des parois.

Ca s’annonce corsé…

Nous, les Minipouces

Au moment de la prise en main, j’ai été surpris par la petite taille du personnage de Cobra. Certes, cela permet de mettre en avant les environnements qui reprennent les les lieux emblématiques des aventures de Cobra. Mais c’est à double tranchant: on a une impression de vide quasi permanente qui n’est comblé que par les ennemis à élminer et les obstacles. Hormis de rares plans, il est dommage de ne pas avoir introduit un système de zoom automatique pour permettre d’apprécier la modélisation de Cobra qui semble plutôt correct. Inveau jouabilité, le personnage se manie plutôt bien bien qu’il m’est (souvent) arrivé de pester sur des plateformes manquées à cause d’un manque d’inertie ou du grappin qui refuse sortir au bon moment. Le Rayon Delta se dirige assez facilement et l’on arrive plus ou moins à le diriger correctement en maintenant le bouton R1.

Viens, on va se prendre un verre !

Goûte donc de mon rayon delta !

 Les situations se veulent variés et on décèle de la replay-value avec certaines zones inaccessibles lors du premier run du fait que Cobra ne dispose pas de toutes ses armes dès le départ. L’homme en collant rouge peut aussi améliorer ses performances (puissance de tir, durée de pilotage du rayon, barre de vie) en récupérant des gemmes dissimulées au fil de son avancée. Celles-ci étant plutôt rares, la marge de progression est très lente. En parlant de progression, c’est assez linéaire au global, ce qui est dommage. Les schémas se répètent une fois la moitié des chapitres bouclés. Le jeu offre une difficulté assez progressive mais se montre exigent lorsqu’il s’agit de compélter les chapitres à 100% avec uen note maximale, surtout dans le derniers tiers du jeu. D’autant que les points de sauvegarde automatique sont par moment assez espacé. Je me suis d’ailleurs arraché les cheveux face à l’Homme de Verre (ça peut se comprendre cela dit).

Les illustrations des dialogues sont fidèles au design de l’animé

La bébelle aventure de Jérémy

Pour finir sur la réalisation du jeu, je suis mitigé. De façon indéniable, le studio MagicPackets Archive connaît son sujet et a su retranscrire l’ambiance de la série animé d’antan. On le doit aux séquences animées mais aussi à une la bande son originale bien présente. A ce propos, j’ai apprécié retrouvé au démarrage du jeu la générique originale japonais de l’animé. Bien que statiques, les illustrations utilisées lors des dialogues sont fidèles à l’esprit de l’animé (je les avais trouvés médiocres sur Goldorak: Le Festin des loups à titre de comparaison). Mais c’est surtout le travail sur le doublage français qu’il faut saluer. J’ai même plutôt été agréablement surpris par la ressemblance dans le timbre de la voix de Jérémy Bardeau avec celle Jean-Claude Montalban, A noter qu’il est également possible de basculer le doublage en japonais et en angals.


It takes un peu tout

J’ai remarqué ainsi que les extraits repris de l’animé ont été redoublés avec l’équipe de doublage du jeu, modifiant au passage les dialogues pour conserver une cohérence avec le déroulement du jeu. On appréciera également la possibilité de vivre l’aventure en mode coopératif local, le second joueur incarnant alors l’acolyte de Cobra, Armanoïde.

Les épisodes spéciaux permettent dincarner Armanoïde, Jane et Dominque

Au rang des déceptions, j’aurai apprécié que tous les épisodes soient adaptés, notamment le Rugball. Il faudra se contenter de la douzaine d’épisodes donc pour environ 10-15 heures de jeu, 20-25 heures pour tout compléter. Hormis collectionner les pistes musicales et quelques artworks, le titre manque cruellement de contenus. Dommage également qu’il faille mettre la main à la poche pour profiter du dernier chapitre, donnant l’mpression que l’on ne dispose pas du jeu complet dans sa version standard.


Space Adventure Cobra: The Awakening est actuellement disponible sur consoles PS5, Xbox Serie X|S et Nintendo Switch. On rappelle également qu’une nouvelle série animé Cobra est actuellement en préparation.

VERDICT
6/10

Space Adventure Cobra: The Awakening PS5

Honnête et sans prétention, Space Adventure Cobra: The Awakening fait le job, point. Il se montre assez fidèle à l’esprit de la série animée Space Adventure Cobra de 1982 et n’en prends que quelques libertés lors des épisodes spéciaux. On lui reprochera davantage son manque d’ambition, l’absence de pont avec le manga et le peu de générosité dans le contenu proposé. Prroposer des minis jeux, intégrer des caméos issus d’autres série de Terasawa-san, montrer la génèse du projet dans un making-of, offrir plus d’interaction sur la complémentarité de cobra et Armanoïde en coopération: voilà quelques idées pêle-mêle qu’on aurait aimé voir dans le jeu. Le minimum syndical donc mais c’est déjà pas si mal. A quand la suite ?

On adore…

  • L’esprit de l’animé Space Adventure de 1982 respecté
  • Les épisodes spéciaux
  • La qualité du doublage
  • Le mode coopératif en mode Histoire
  • La bande son d’origine de la série animé
  • Incarner Cobra, c’est kiffant quand même !

On déteste…

  • Seulement 12 épisodes sur 31 adaptés…
  • Il faut passer à la caisse pour le 13ème épisode
  • Assez linéaire
  • Une impression pregnante de vide dans ces grands environnements
  • Mode coopération pas assez poussé
  • Les extraits vidéos issues de l’animé non remasterisé

Test réalisé sur Playstation 5 à partir d’une version dématérialisée du jeu envoyée par Microïds France

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

    Laisser un commentaire

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.