Trois parcs dont un dédié à Dragon Ball en France : vous ne rêvez pas, c’est le projet fou de 6 milliards d’euros pour transformer l’ancien site de Mirapolis.
Un changement de décor spectaculaire
L’ancien site de Mirapolis, à Cergy-Pontoise, pourrait bientôt accueillir trois gigantesques parcs d’attractions grâce à un investissement saoudien annoncé en grande pompe par le président Emmanuel Macron lui-même. Un budget déjà annoncé comme pharaonique: 6 milliards d’euros, avec 22 000 emplois directs attendus. Le projet, porté notamment par Qiddiya Investment Company (filiale du fonds souverain saoudien Public Investment Fund (PIF) dédiée au divertissement, au sport et à la culture), prévoit en particulier un parc consacré à Dragon Ball. Un drôle de clin d’œil à l’histoire du lieu : à la fin des années 1980, Mirapolis était dominé par l’immense statue de Gargantua, avant de fermer ses portes en 1991 après seulement quatre ans d’existence. Aujourd’hui, il ne reste presque rien du parc, si ce n’est quelques vestiges noyés dans la végétation.
Un projet XXL, mais encore beaucoup de zones d’ombre
L’idée de créer un parc Dragon Ball en France s’inscrit dans une stratégie plus large de rapprochement entre Paris et Riyad, notamment autour du divertissement et de la culture. Sous l’impulsion du richissime Mohammed Ben Salmane, l’Arabie saoudite développe pourtant déjà à Qiddiya un immense parc Dragon Ball de plus de 50 hectares, avec des attractions inspirées de l’univers de Goku, dont une montagne russe intégrée à une statue géante de Shenron. De fait, de nombreuses questions restent sans réponse sur ce nouveau projet francilien: répartition des 6 milliards d’euros, superficie des parcs, attractions, hôtels, transports et calendrier des travaux. En dehors Dragon Ball, on ne connait pas encore les thèmes à priori manga des deux autres parcs annoncés. Il semble d’ailleurs qu’à ce stade des discussions, les ayant-droits de la licence Dragon Ball n’aient pas encore donné leur approbation quant à son utilisation pour ce parc à thème en Ile-de-France (source: Le Monde). Autrement dit, le projet est annoncé, mais le scénario reste encore largement à écrire.
Sur place, l’enthousiasme se heurte déjà aux inquiétudes
Derrière les sourires et les rêves de création de ces parcs, la réalité est encore tout autre du côté du site Mirapolis abandonné à Cergy-Pontoise. Le terrain est actuellement occupé par une centaine de familles de gens du voyage, dont certaines vivent ici depuis plusieurs années et dont les enfants sont scolarisés dans les communes voisines. Elles disent ne pas avoir été informées de leur devenir et demandent qu’une solution de relogement soit trouvée avant tout départ. Des élus locaux réclament également davantage de concertation et s’interrogent sur les conséquences environnementales et les infrastructures nécessaires. Surtout, le souvenir de Mirapolis plane au-dessus du projet : le parc avait souffert d’une fréquentation bien inférieure aux prévisions et d’une desserte jugée insuffisante. Une leçon à ne pas oublier si ce nouveau parc veut éviter de transformer un investissement spectaculaire en nouveau fiasco.
Un pari entre nostalgie et démesure.
Entre l’ancien Gargantua et le futur Shenron, le site pourrait connaître une transformation pour le moins étonnante. Les milliards investis et les milliers d’emplois annoncés représentent une opportunité économique majeure pour le territoire, mais la réussite du projet (dont l’ouverture est attendue à l’horizon de 2031) dépendra aussi de sa faisabilité, de son accessibilité et surtout de la manière dont seront associés habitants et élus locaux. A l’aube des prochaines élections présidentielles françaises, on peut se dire qu’il s’agit d’un gros couop de communication du président Macron pour marquer les esprits des jeunes générations. Quand Miterrand a sa pyramide du Louvre et Chirac son Musée du Quai Branly, parlera-t-on de lui du parc DragonBall comme l’héritage de ses années de mandatures ? Pour l’instant, Goku n’a pas encore posé ses valises à Cergy-Pontoise… mais le scénario est déjà digne d’un manga.
(Source : TV5 Monde Info)
