TEST – Toukiden 2 PSVita

Après un premier volet encourageant et une extension Kiwami qui améliorait la copie, Toukiden 2 se devait de confirmer l’essai.

Toukiden 2

Si Toukiden : Age of Demons était sorti en exclusivité sur PSVita en son temps, on pourrait s’étonner que l’éditeur Koei Tecmo est pris le parti de sortir la suite Toukiden 2 simultanément sur PSVita et PS4 (et même PS3 au Japon). Une stratégie qui s’est avérée pourtant payante pour des titres comme Monster Hunter de Capcom qui se destinaient d’abord à la PSP puis à la PS3. Un schéma marketing reprit par le confrère Bandai Namco Entertainment pour sa licence God Eater. Cette décision permet d’élargir la cible compte tenu du parc important des possesseurs d’une des deux machines mais n’est pas sans conséquence sur la réalisation du titre comme nous le verrons plus bas.

Toukiden 2

Toukiden 2 est la suite directe de Toukiden : Kiwami d’un point de vue scénaristique. Pour autant, le joueur est transporté dans une toute autre époque durant une attaque d’un Oni géant. Dix années après ces événements qui s’étaient tenus durant l’ère féodal Meiji, notre héros se réveille, amnésique, dans le petit village de Mahoroba. Cet havre de paix cache en réalité un clivage entre deux clans qui cohabitent en apparence mais dont l’histoire est gangrenée par des malentendus, engendrant un climat de haine et de méfiance au quotidien. D’un côté, le clan de la Garde Impériale est emmené par leur chef Yakumo, qui s’est juré de protéger la princesse Kaguya en charge de la protection du village. De l’autre, le clan des Samouraïs est dirigé par Tôya, un véritable chef militaire qui rêve de renverser le régime impérial pour faire valoir les droits de son peuple.

Toukiden 2

Parle à ma main !

C’est dans ce contexte tendu que le joueur fait la connaissance du Professeur, un génie de la mécanique à l’origine d’une arme de sa propre création, la Demon Hand (Main du Démon) : cette arme a la faculté de pouvoir agripper votre ennemi pour vous en rapprocher, d’effectuer des attaques grâce à l’addition d’orbes Miitama (qui font leur retour ici) et de refermer des failles temporelles. Ses recherches ne sont pourtant pas du goût des habitants, qui la considère plutôt comme un perturbant professeur Frankestein ayant donné vie à un étrange humanoïde bavard et sarcastique du nom de Tokitsugu. Derrière son chapeau de pailles, se cache pourtant un être attachant qui dissimule un terrible secret. Pour l’heure, votre John Do va devoir faire ses preuves auprès de ses hôtes, ce qui lui vaudra de sceller de solides amitiés avec ses nouveaux compagnons de route. Étalé sur six long chapitres, le scénario est plutôt efficace avec de multiples rebondissements, soutenu par des cinématiques CGI et des doublages en japonais de qualité : dommage que le titre n’est pas bénéficié d’une localisation française puisqu’il n’est qu’en anglais.

Toukiden 2

D’emblée, Toukiden 2 signe la fin des décors en 2.5 D sur un plan pour adopter un angle de vue totalement libre et désormais en full 3D durant les phases de préparation au village. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, les zones d’exploration se montrent plus vaste et laissent moins de place aux transitions, malgré la présence encore de temps de chargement. Ils sont surtout présents (et affreusement longs!) lors des téléportation d’une zone à l’autre.

Toukiden 2

Cette sensation de liberté bascule Toukiden 2 du genre hack’n slash à celui d’open-world en vogue en ce moment, d’autant que des certains points de connexion en ligne appelés Joint Operations sur le terrain permettent à des joueurs connectés d’apporter leur aide dans l’accomplissement de votre quête principale, secondaire ou des missions. Il s’agit d’un aspect du gameplay plutôt réussi apportant de la variété dans le jeu pour éviter l’écueil de la répétitivité, dans lequel on tombe tout de même car le bestiaire des ennemis se renouvelle peu : la moitié d’entre eux  proviennent en effet des précédents opus. Ajoutons que la quête principale est aussi agrémentée de quêtes secondaires nombreuses et facultatives.

Toukiden 2

La vérité est dans les yeux

Point fort de la série face à la concurrence, son système de combat contre les boss se révèle toujours aussi dynamique bien que le principe n’ait pas bougé d’un iota. L’objectif demeure celui d’affaiblir l’ennemi en se focalisant sur certaines parties du corps grâce à la vision True Eye (Oeil de la Vérité), qui se déclenche d’un simple toucher sur l’écran tactile en bas à droite. A la manière d’un Soul Sacrifice, on bascule alors dans un mode de vision nocturne où les points faibles de votre ennemi sont en surbrillance. Ces membres sensibles évoluent alors en fonction des impacts reçus… jusque leur rupture totale. Aux membres de votre équipe et à vous-même d’absorber l’énergie de ce membre sectionné pour que l’adversaire ne puisse pas se régénérer. Une fois l’ennemi suffisamment affaibli, il évolue dans une forme secondaire plus agressive mais bien plus vulnérable à vos attaques. La Main du Demon apporte en outre un avantage conséquent dans la bataille puisqu’il permet de ne laisser aucun répit à l’ennemi, bien que cela a pour conséquence de rendre les combats plus brouillons : il n’est en effet pas évident de cibler le membre de l’ennemi, surtout lorsqu’il est en mouvement permanent.

Toukiden 2

Pour le reste, ceux ayant déjà joué aux précédents opus retrouveront leurs marques rapidement. Outre, le système de création et d’amélioration des armes et des protections, l’envoi de Tukitsugu (qui remplace les Tenko) pour aller chercher des objets rares sur le champs de bataille, les bains publics régénérants, le joueur pourra faire faire progresser ses Miitama sur les nombreuses missions se tenant dans les différents âges proposées par Tsubaki. En plus des missions classiques où il vous faudra éliminer des vagues d’onis successives, sont venus s’ajouter des missions d’explorations de ruines, un mode résolument hardcore où l’on enchaîne des boss dans une série de donjons. Ce mode vient compléter la relative facilité de la quête principale, qui fait figure de tutoriel aux nouveaux venus dans l’univers de Toukiden. Une bonne idée qui est cependant entachée par le constat technique de cette version Playstation Vita.

Toukiden 2

Le plus dur, c’est la chute

Il faut le reconnaître : le titre d’Omega Force se révèle techniquement trop ambitieux pour la console portable de Sony qui, poussée dans ses derniers retranchements visiblement, accuse le coup dans le feu de l’action. Résultat : de nombreux ralentissements avec des chutes de framerate à 20 images/ seconde surviennent tout au long du jeu, que ce soit lors de phases d’exploration dans le village Mahoroba que durant les combats animés. Qu’on se rassure, cela reste jouable mais cela nuit à l’expérience global du jeu et rend cette version portable inférieure de ce point de vue à celle tournant sur PS4, bien plus stable de par la puissance de la machine. Un bon point reste à souligner dans l’utilisation de l’interface tactile de la PSVita, bien pensée dans l’ensemble car elle pallie au nombre restreint de boutons et offre aussi des raccourcis pour rendre plus fluide le gameplay. C’est un fait : Toukiden 2 est l’illustration même des limites du principe des titres dits cross-plateformes : s’ils ne sont pas nivelés par le bas par souci de cohésion entre les versions, le développeur se voit obligé de dégrader l’expérience du joueur au détriment de la/les plateforme(s) la/les moins bien lotie(s) au niveau de la puissance moteur. Le prix à payer pour avoir droit à de nouveaux titres AAA sur PSVita de nos jours manifestement.

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