TEST – Tearaway PSVita : une histoire de paperboy

Il y a des jeux que l’on attend et d’autres qu’on ne voyait pas vraiment venir : c’est le cas de Tearaway.

Pourtant précédé de l’excellente réputation de sa série Little Big Planet, l’annonce d’une nouvelle licence développée par le studio Media Molecule s’est faite pour le moins discrètement. Était-ce du fait que le titre était exclusivement dédié à la console portable Playstation Vita, à la peine du côté des chiffres de ventes au moment de l’annonce du jeu durant le salon Gamescom en 2012 ? Un manque de communication manifeste qu’il est grand temps de réparer au vue de ce petit bijou qu’est Tearaway.

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Imaginez un monde féérique où tout n’est que papiers et cartons, un endroit qui semble tout droit sorti d’un de ces contes des Frères Grimm. Ce genre d’univers où les oiseaux gazouillent, les écureuils courent le long des arbres pour s’approvisionner en noisettes et où on croise des les fleurs qui sifflent à tue-tête. Cet univers merveilleux et caché existe bel et bien et, si vous ne le saviez pas, est accessible via votre console Playstation Vita qui fait office de portail magique. Enfin presque, puisque vous pourrez jeter un œil sur ce monde mais aussi interagir avec celui-ci grâce à vos petits doigts. Vous ne serez cependant pas seul puisqu’un petit être du nom de Iota vous a soudain remarqué. Intrigué par votre découverte, il va alors décider de se lancer dans une longue quête qui n’aura qu’un seul et unique objectif : celui d’aller à votre rencontre dans votre monde réel !

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Derrière cette jolie fable se cache la dernière production du studio Média Molécules, ceux-là même qui ont imaginé le concept génial de Little Big Planet sur Playstation 3 et PSVita avec le succès qu’on lui connaît aujourd’hui. Toujours plus fou, le défi dans lequel se sont lancés les développeurs de Tearaway était le suivant : comment exploiter les capacités de la Playstation Vita tout en racontant une jolie histoire aux joueurs, tout en laissant la part belle aux émotions, à la libre créativité ainsi qu’à l’imaginaire de chacun ? Un pari fou en soi. Dans le monde de Tearaway, il est pour ainsi dire possible d’interagir avec tout ce qui vous entoure. Tel un dieu qui veille consciencieusement sur son petit monde, le joueur n’incarne pas réellement Iota mais le dirige plutôt tel une marionnette, l’aidant à se frayer des passages quand cela devient nécessaire. Votre aide se matérialise ainsi dans le monde de Iota par l’apparition de vos « propres doigts » au moment même où ils rentreront en contact physique avec le pavé tactile arrière de la console PSVita.

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C’est assez bluffant, presque magique, car on a vraiment la sensation de transpercer l’écran et de les voir apparaître dans le jeu : effet garanti ! Le joueur devra également agir via l’écran tactile en façade, avec un un ou plusieurs doigts : feuilletez un coin de page et vous ferez apparaître un pont ou un chemin à Iota; touchez un ennemi et vous le mettrez hors d’état de nuire illico; déplacez des blocs et maintenez les de vos doigts le temps que Iota se faufile sans se faire écraser. Comme dans Little Big Planet, vous pouvez à loisir customiser votre personnage mais aussi différents habitants rencontrés durant votre aventure. Il vous faut au préalable collecter des cadeaux et des sous disséminés un peu partout, afin de pouvoir acheter les milliers d’objets que vous aurez débloqués au fur et à mesure de vos rencontres.

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Vous avez plutôt l’âme d’un Yves Saint Laurent et préférez fabriquez vos propres créations ? Que cela ne tienne : Tearaway vous permet d’accéder à une table de confection d’éléments à base de feuilles de coloris et d’un crayon à papier pour concevoir tout ce qui vous passe par la tête avant de les matérialiser sur vos personnages. On n’oublie pas enfin la possibilité de prendre des photos via la caméra de la PSVita, avant ou arrière, pour immortaliser les moments les plus mémorables avant de les partager en ligne. Difficile de faire plus complet !

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On adore…

De mémoire de joueur, je n’avais jamais joué à un titre offrant une telle diversité, une telle direction artistique au niveau de son univers et un panel aussi complet dans l’utilisation des possibilités d’une console. Il est difficile d’imaginer le travail phénoménal réalisé par les concepteurs sur le gameplay d’un tel titre. Tearaway propose en outre une véritable histoire rempli d’émotions et tout en symbolique sur l’état d’esprit du monde aujourd’hui à se renfermer sur lui-même, à vivre sur les apparences. Iota incarne ainsi le courage, la volonté de chacun d’aller au bout de ses rêves et le plaisir ressenti de découvrir de nouvelles expériences chaque jour. Des messages forts en valeurs qui vont bien au-delà du cadre du simple jeu vidéo.

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Pris comme un jeu vidéo, Tearaway est exemplaire à tous les niveaux : ludique, le joueur est immédiatement captivé par le concept et le titre bénéficie d’une des plus belles réalisations vues sur consoles portables à ce jour. Pris comme une oeuvre d’art, Tearaway l’est tout autant : sa direction artistique est tout simplement remarquable tant dans le design des personnages que dans la modélisation des différents univers, qui jouissent d’un level-design remarquable. Impossible de passer à côté également de sa fantastique bande son, pleine de personnalités et disponible au prix de 4,99€ sur le Playstation Store.

Avec une mention spéciale là encore à la voix-off, la même que celle de Little Big Planet. Autre idée géniale: la possibilité de débloquer les modèles à découper de pratiquement tous les personnages rencontrés par Iota. Il vous suffit de les télécharger sur un PC, de les imprimer et découper avant de monter en papercraft votre personnage : tout simplement génial. Ah, dernier petit point pour vous achever : le jeu est proposé d’emblée à moins de 30€ ! Ce jeu est FOU !

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On déteste…

Est-il vraiment possible de trouver un défaut à Tearaway, sincèrement ? Ceux qui ne jureront que par l’aspect jeu vidéo vont bien sûr reprocher au titre des positions de caméras par toujours judicieuses, occasionnant même parfois des bugs assez cocasses. D’autres, trop près de leur argent, vont rouspéter sur la durée de vie du jeu avec ses cinq (longs) niveaux découpés en plusieurs zone en dépit d’une replay-value pour découvrir toutes les zones et éléments cachés. A cela, on répondra que, certes, on aurait aimé avoir plusieurs fins possibles à l’histoire, disposer d’un mode multijoueurs façon Little Big Planet, obtenir de nouveaux DLC, etc.

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Mais qu’est-ce que tout cela à côté du vécu, indescriptible, de l’expérience d e Tearaway à l’approche du générique de fin qu’il faut absolument découvrir ? La richesse du titre ne se trouve pas dans ses modes de jeu mais dans ses interactivités possibles et sa conception, qu’il faudrait présenter comme un cas d’écoles dans toutes les établissements de jeu vidéo qui se respectent.

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Fantastique. Féérique. Extraordinaire. Hors du commun. Les qualificatifs manquent pour décrire l’expérience Tearaway. Le titre prend ainsi tout son sens : « tear-away » en anglais signifie « arracher quelque chose »; pris tout seul, le terme « tear », traduit par « larme », renvoie aux émotions ressenties par le joueur. A ce stade, il n’est plus possible de parler de simple jeu vidéo : le studio Média Molécule est parvenu à concentrer toute son expérience acquise jusqu’ici en terme de créativité et de possibilités d’interaction avec le joueur dans ce titre. Vous cherchiez la killer-app de la PSVita ? Tearaway est à élever au rang de chef d’oeuvre, tout simplement et justifie à lui tout seul l’acquisition d’une Playstation Vita. A vivre dès maintenant !

Note :

Tearaway est actuellement disponible exclusivement sur console portable Playstation Vita.

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