TEST – Lone Survivor : Director’s Cut PSVita

LONE SURVIVOR : DIRECTOR’S CUT – Introduit dans l’univers du jeu vidéo par Alone in the Dark de Frédérick Raynal puis popularisé avec la série des Resident Evil de Capcom, le survival horror est un genre unique, procurant fascination, angoisse et stress chez les joueurs. Genre jusque là principalement cantonné aux jeux en 3D, Jasper Byrne a lui décidé de prendre à contre-pied la tendance générale en osant proposer une aventure toute en 2D. La peur sera-t-elle au bout du couloir pour autant ?

lone survivor

Imaginez vous réveiller seul dans une chambre sans le moindre bruit, sans savoir ce que vous faites là et sans même savoir comment et pourquoi vous vous retrouvez là. Près de vous, une radio brouillée traine sur le rebord de la fenêtre de la chambre. Légèrement groggy, vous vous extirpez lentement de votre lit pour tenter de trouver quelqu’un dans la pièce d’à côté. Il fait sombre. Heureusement pour vous, vous vous emparez de votre lampe de poche électrique et l’allumez. Des formes sortent de l’obscurité alors : des cadres photos, une plante d’appartement, une table, une chaise et une porte. Une note traine où vous apprenez que la ville a été ravagée par une mystérieuse épidémie. Vous vous décidez alors d’emprunter la porte, avec l’espoir d’y trouver un soutien et surtout, de quoi manger : depuis votre réveil, la faim ne cesse de vous tirailler et vous feriez n’importe quoi pour ne serait-ce qu’un paquet de chips au crevette ou une boite de haricots. De l’autre côté de la porte, un bruit étrange, comme un grognement, attire votre curiosité. Intrigué, vous orientez votre lampe vers l’origine du bruit. Quand soudain : un être difforme, attiré par la lumière, se précipite vers vous tenant de vous attaquer. Il vous faut vite prendre vos jambes à votre cou. Vite. Le ton est donné pour le début d’un long cauchemar éveillé…

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On adore…

Lone Survivor plonge le joueur immédiatement dans une ambiance oppressante, que l’on trouvait dans les premiers volets des Resident Evil et Silent Hill. L’inspiration vient d’ailleurs davantage de ce dernier, de par son ambiance glauque et où la survie prime avant tout. Disposant d’une interface très épurée, les débuts sont particulièrement difficiles car il faut tâtonner à la recherche d’indices en fouillant chaque pièce afin de vous permettre d’avancer dans les étages en vue d’une issue hypothétique. Seconde priorité : trouver le moyen de pouvoir rapidement se débarrasser des êtres étranges qui cohabitent avec vous dans l’immeuble et qui bien souvent bloquent votre passage. Soit vous faîtes appel à la ruse en vous servant de l’obscurité pour vous cacher. Soit vous usez de la manière forte à l’aide d’une arme pour vous en débarrasser définitivement, au risque de rameuter tous les monstres des alentours : pistolet, feu d’artifice… Il vous faudra faire attention au nombre de munitions, plutôt rares, d’autant que vos ennemis sont coriaces, pour certains, très mobiles ou même affreusement gigantesque. Dernière priorité : la survie passe par trouver de la nourriture soit consommable immédiatement, soit à cuisiner : il est donc nécessaire de trouver de quoi réchauffer vos aliments en dégotant des bombonnes de gaz pour votre gazinière, ainsi que des ustensiles.

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Loin d’être un surhomme, il vous faudra régulièrement retourner dans votre chambre pour vous reposer et implicitement sauvegarder votre partie. Heureusement, un système de miroirs de téléportation vous permettra d’y revenir où que vous soyez dans votre exploration : il vous faudra cependant les trouver aux différents étages… au risque de devoir reprendre votre partie à votre dernière sauvegarde en cas de mort ! En plus de la nourriture, des drogues sous forme de pilules vus permettront de vous reposer ou vous ressourcer plus rapidement, vous plongeant dans un songe bien souvent étrange. Là encore, l’ambiance y est glauque et oppressante, emportée par une bande son de qualité. Dans ce tableau noir, Jasper Byrne est pourtant parvenu à glisser par des séquences flashbacks une once de poésie qui offre au joueur de rares moments de répit. La durée de vie du titre s’avère d’autant plus longue que vous trainerez de longues heures en quête d’indices et d’une solution pour vous tirer d’un mauvais pas face à des ennemis toujours plus agressifs. On appréciera d’autant plus le fait que l’expérience de jeu peut se faire chez soi ou dans ses déplacements quotidiens, le titre étant proposé en cross-buy PSVita / PS3 pour seulement 12,99€.

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On déteste…

Sorti à l’origine sur PC, Lone Survivor a donc droit ici à une version Director’s Cut avec quelques améliorations en prime. L’ergonomie du jeu a en effet été pensé pour un usage console et les commandes sont plutôt bien pensées. On regrettera cependant que les fonctionnalités sur la version PSVita n’aient pas été davantage exploitées. De plus, le système de sauvegarde s’avère assez contraignant, vous obligeant à retourner sans cesse à votre point de départ, même si l’on comprends que cela contribue à l’ambiance du jeu. Il est également agaçant de constater votre personnage se plaindre sans cesse d’avoir faim, alors que quelques secondes plus tôt vous veniez de lui offrir un festin et que la nourriture est tout sauf abondante. Difficile d’ailleurs de vraiment savoir avec quoi nourrir votre ventre affamé car peu d’indications sont là pour vous aider. A la manière de l’époque des jeux point-&-click de Lucas Arts, vous devrez faire l’expérience de certains « mets » ou tenter des combinaisons, quitte à gâcher votre nourriture. En dépit de son aspect enfantin de ses graphismes et de sa 2D pixellisée, Lone Survivor n’est pas à mettre entre toutes les mains de par sa difficulté et demandera un certain investissement chez le joueur pour parvenir à se plonger dans l’ambiance.

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Lone Survivor : Director’s Cut porte bien son nom. Respectant à la lettre les codes du genre, le jeu n’est qu’exploration et survie avant tout. L’impression de solitude y est cependant omniprésente, trop par moment même. Vous passerez ainsi la majorité de votre temps à chercher le moindre objet pour vous en sortir : les joueurs au tempérament impatients risquent de ne pas apprécier, d’autant que les aides ne sont pas légion ici. A l’inverse, ceux prêts à s’investir dans l’aventure et pour qui Alone in the Dark, Siren et Silent Hill sont des incontournables, vont adorer le jeu de Jasper Byrne qui nous offre de surcroît une adaptation sur console réussie !

Lone survivor : Director’s Cut est disponible actuellement en téléchargement sur le PSN à 12,99€ et bénéficie du système de cross-buy Playstation Vita / Playstation 3, soit deux jeux pour le prix d’un ! A noter que vous pouvez même essayer la démo pour vous faire une idée à cette adresse.

Note :

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