TEST – Final Fantasy XIII : Lightning Returns PS3

FINAL FANTASY XIII : LIGHTNING RETURNS – Telle la trilogie The Lords of the Rings, Lightning met un point final à ses aventures dans le monde de Final Fantasy XIII, une quête interminable débutée il y a cinq ans et qui s’achève aujourd’hui dans ce troisième et dernier épisode à cette saga. Un parcours qui s’avère contrasté et semé d’embûches pour ses géniteurs avec une recherche perpétuelle de l’équilibre parfait entre actions et explorations. Le pari est-il réussi pour autant ?

Final Fantasy XIII : Lightning Returns

Ceux qui sont venus au bout de Final Fantasy XIII-2 le savent : le monde de Nova Chrysalia est en proie au Chaos, synonyme de destruction inexorable de l’univers. Pourtant, Serah, sœur de Lightning et miraculée du premier épisode, trouvait le soutien de l’impétueux Noel Kreiss venu du futur. Tous deux avaient pu empêcher Caius de concrétiser ses plans : celui de modifier le cours de l’histoire à ses propres fins. Malheureusement, cet ultime combat coûta la vie de Serah au grand damne de Noel. Un destin cruel que Lightning n’a pu faire éviter à sa sœur, prisonnière du Valhalla. C’est à ce moment que le plus puissant des dieux, Bhunivelze décide d’intervenir en confiant une mission pour le moins étrange à Lightning : celui de sauver le plus grand nombre d’âmes avant l’inévitable fin. Refvenant avec le statut de « Libératrice », elle disposera de 13 jours en tout et pour tout pour accomplir sa lourde mission divine.

Lightning Returns

Ce troisième épisode démarre donc dans cette situation étrange où le joueur sait que la conclusion sera forcément celle de la disparition de Nova Chrysalia et où il ne lui restera plus que sauver les meubles dans le temps qu’il lui reste. Lightning Returns se pose davantage comme un épisode à part dans la trilogie, à la limite de l’autobiographie de son héroïne Lightning : elle va se questionner sans cesse sur sa vie passée, ses rencontres et les raisons pour lesquelles Bhunivelze lui a confié cette tâche. En ce sens, on comprend mieux la raison pour laquelle cet épisode n’est pas intitulé Final Fantasy XIII-3 : l’arc scénaristique de Final Fantasy XIII n’est en fait composé que des épisodes 1 et 2. Ce changement trouve également sa signification dans le déroulement de l’aventure de Lightning et dans son mode de jeu. Ainsi, après un rapide prologue sur les événements passés, notre héroïne est dès le début du jeu en mesure de se rendre directement dans les quatre destinations principales que compte cet épisode : Luxerion, Yusnaan, Les Terres Sauvages et les Dunes de la Mort. Quatre territoires pour quatre univers différents qu’il vous faudra venir à bout en l’espace de 12 jours seulement pour avoir le droit d’accéder au chapitre qui conclut Lightning Returns.

Lightning Returns

Comme décrit plus haut, Lightning Returns se démarque des autres épisodes sur son système de jeu. Si l’ordre des mondes semble importer peu, elle a pourtant des conséquences sur l’optimisation de votre temps pour mener à bien votre mission divine. L’une des nouvelles mécaniques apportées par cette course dans le temps est de devoir jongler entre les univers pour mener à bien chaque objectif dans le temps plus court. Si la quête principale permet au joueur d’avancer dans le fil de l’histoire, achever des quêtes secondaires vous permettra de sauver des âmes supplémentaires et, paradoxalement, de vous faire gagner du temps dans vos combats grâce à la montée en puissance de votre armement. Car oui, de par son statut d’envoyé divin, Lightning ne peut plus gagner en expérience (!) : sa progression et ses compétences se feront dorénavant via les tenues qu’elle enfilera. Un système déjà vu dans Final Fantasy X-2 avec quelques ajustements. Au-délà de la simple quête de tous les costumes cachés dans le jeu, chacun d’entre eux dispose de compétences propres tel le système des métiers des premiers épisodes de la série Final Fantasy : guerrier, chevalier, mage, magicien, prêtre… Cette identité, on la retrouve dans l’aspect physique et dans des compétences bloquées sur le costume en question : ainsi, le joueur aura le choix d’octroyer jusqu’à trois compétences de son choix pour chaque costume en plus d’une ou deux, inamovibles.

Lightning Returns

Autre changement significatif : le système des combats. Dorénavant, Lightning devra compter sur elle-même durant les affrontements ! Fini les alliés (ou presque) donc, il vous faudra composer avec une Lightning schyzophrène capable d’endosser jusqu’à tenues pour autant de profiles, interchangeables à tout moment du combat. Toute la stratégie donc sur la manière dont vous aurez composé chaque costume et défini ainsi leur spécialité propre à chacune. Comme dans les précédents épisodes, vous pourrez éviter les monstres qui barrent votre chemin durant les phases d’exploration : une fois le combat engagé, Lightning gardera une certaine capacité à se déplacer dans l’arène, ce qui peut vous laisser du temps pour préparer vos attaques, lancer des sorts d’affaiblissements mais aussi déclencher vos parades. Ainsi, une bonne défense peut s’avérer payante pour mettre immédiatement votre adversaire en état de choc et contre-attaquer en le bombardant d’attaques physiques et de sorts magiques : bien que plus risquée, la méthode s’avère plus rapide et efficace qu’à l’accoutumée pour mettre fin à un duel.

Lightning Returns

A la surprise générale, le déroulement de Lightning Returns contraste avec les précédents épisodes avec des mondes totalement ouverts, tel un MMO. Lightning est libre d’aller où bon lui semble, sur des vastes contrées mêmes comme dans les Terres Sauvages. Si Luxerion et Yusnaan offrent une vision cosmopolite de Nova Chrysalia avec ses habitants et ses constructions, Les Terres Sauvages et les Dunes de la Mort laissent place au dépaysement et à une impression de voyage rappelant les bons moments de la seconde partie de Final Fantasy XIII-1.

Lightning Returns

On adore…

Lightning Returns se montre dès les premières minutes bien plus exigeant que ses prédécesseurs. Les facteurs sur lesquels repose cette difficulté sont une course ininterrompue contre la montre et des combats particulièrement ardues avec les monstres. Pour le premier, on a l’impression d’être dans un épisode de 24H Chrono tel Jack Bauer, le regard rivé sur l’horloge : plus le temps s’écoule, plus la pression monte. Il est possible d’arrêter le temps grâce à des pouvoirs comme la Chronostase mais cela reste momentanée et en quantité d’usage limitée. On est sans cesse partager entre poursuivre la quête principale pour ne pas perdre de temps et l’envie d’accomplir des quêtes annexes, attiré par l’appât d’un gain mirobolant tels que des costumes, des armes ou de l’argent. Le risque est pourtant de regretter son choix lorsqu’il vous faudra engager un marathon où des combats s’enchaînent et que vous savez qu’il vous faut en parallèle vous rendre à tout prix à un lieu précis et à une heure dite. Le joueur se retrouve régulièrement en dilemme avec lui-même, entre la prise de risques ou la voie de la sagesse. Une mécanique hardcore étonnante qui pousse à la performance et rapproche le concept de cet épisode à celui des jeux de plateformes. Ce besoin de « performer » se retrouve également dans les combats où il devient primordial de constituer sa garde-robe le plus judicieusement possible et d’y affecter les armes et actions avec stratégie. Les plus consciencieux y passeront sans doute de longues minutes et seront récompensés lorsqu’ils accèderont au niveau ultime du 13ème jour.

Lightning Returns

En terme de réalisation, il faut avouer que la modélisation de Lightning n’a jamais été aussi réussi que dans cet épisode. Le niveau de détails sur ses habits, son physique et notamment sa chevelure (!) est impressionnant sur une console comme la PS3. Les cut-scenes en temps réel ne marquent pratiquement pas de rupture graphique avec les phases de gameplay. J’ai également apprécié la plus grande souplesse ( bien que relative) de mouvements de Lightning (merci à l’option « Courir »!)  et la liberté offerte en exploration. Et bien que le nombre soit faible sur le papier, la durée de vie est particulièrement longue : il faut compter entre 40-50 heures lors de votre premier run sans forcer, avec l’envie d’y revenir par la suite pour accomplir toutes les quêtes secondaires et annexes. La bande son est également de qualité dans cet dernier épisode, alternant différents genres.

Lightning Returns

On déteste…

 A contrario, des fans de Final Fantasy pourront être surpris par tous ces changements, voire être rebuté par le challenge. Ceux qui apprécient de prendre leur temps pour visiter de fond en comble un monde auront un goût amer quand ils verront le Game Over s’afficher au terme d’un timer qui leur semblera bien trop court. Cerains se consoleront en débutant le jeu directement en mode Facile du coup. Il aurait donc été appréciable de pouvoir désactiver l’horloge, tout du moins de manière optionnelle après avoir terminé une fois le jeu pour profiter davantage du jeu. Aspect intéressant introduit dans cet épisode, la fonction de partage en ligne de vos trouvailles est malheureusement assez pénible car les temps de connexion au serveur sont souvent interminables : du coup, on laisse très vite tomber. Le jeu propose en outre une réalisation assez hétérogène : au côté d’une modélisation proche de la perfection de Lightning, les PNJ semblent dans leur grande majorité taillés à la serpe, avec peu de textures, des animations approximatives et des physiques de pantins. La liberté d’explorer les mondes s’est également fait au prix d’un aspect plus terne et peu coloré des environnements, chose flagrante dans Luxerion et Yusnaan. Sans compter l’apparition des éléments soudains sur quelques mètres à peine : merci au clipping. Enfin, bien que l’on peut comprendre le parti pris de ses géniteurs, les fans resteront sur leur faim d’un point de vue de l’histoire, où les apparitions des personnages phares de la série comme Snow, Noel, Sazh ou Yun Fang semblent sortir de nulle part, avec pour seul lien artificiel la présence de la malicieuse Lumina. Étrange…

Final Fantasy XIII : Lightning Reutrns

Cinq ans après avoir découvert ses premiers pas, ceux qui s’attendaient à un final spectaculaire des aventures de Lightning resteront peut-être sur leur faim avec ce troisième et ultime volet, où l’histoire n’avance finalement plus et où Lightning n’est là que pour colmater les brèches d’une destinée inévitable. Pourtant, pris à part, Lightning Returns reste un épisode hommage et apporte même un lot d’innovations étonnantes dans la série des Final Fantasy, allant jusqu’à revenir à ses racines comme dans l’intensité de ses combats. Malgré des doutes et des critiques lors de ses premières annonces au public, le principe de garde-robe revu et corrigé se révèle efficace et l’ajout du contre-la-montre est une bonne idée en dépit de son côté punitif. Bien plus dynamique, le système de combat a fait l’objet de toutes les attentions chez les développeurs et on sent une volonté d’offrir de la profondeur stratégique derrière une couche accessible à tous, même si on s’emmêle très vite les pinceaux dans le feu de l’action dans les premières heures. Il faut donc saluer la volonté de Square Enix d’avoir tenté de proposer un nouveau regard sur l’univers de Crystalia Novalis et Lightning, très critiqués dans l’épisode 1 pour sa rigidité et le côté soporifique de l’aventure. Tout n’est pas parfait mais il y a eu sans conteste des efforts faits pour écouter les fans de la série.

Note :

Final Fantasy XIII : Lightning Returns est actuellement disponible sur console Playstation 3 et Xbox 360. Je vous recommande également le Guide Lightning Returns : Final Fantasy XIII – édition collector : de très bonne facture globalement avec sa reliure luxueuse, il est remarquablement bien réalisé et illustré, comme toujours chez Piggy back très comlet, et comprend de nombreux artworks concepts ainsi qu’un principe de cheminement Ultima bien pensé.

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