TEST – Shinobi 3DS

Ancienne gloire de l’éditeur SEGA durant les années 80-90, Shinobi revient de manière inattendue sur 3DS. Faisant l’objet d’un remake, cet épisode reboot se donne pour objectif de relancer la licence. Y parviendra-t-il ?

Si Sonic demeure la mascotte officielle de Sega, le ninja Shinobi a marqué de son empreinte l’époque de la console Megadrive. Je me souviens de l’époque où j’étais plongé dans les aventures de Shadow Dancer avec son chien loup, à massacrer à coup de shurikens des centaines d’ennemis. Le jeu était fabuleux, une petite merveille en terme de réalisation avec ses graphismes exotiques et sa musique trépidante. Mais ce qui a fait la légende du ninja de Sega, c’est sa difficulté. Dans tous les épisodes de la série, il fallait avancer dans les niveaux à pied, à cheval, sur un radeau et même sur des moyens de locomotion post-modernes dans les derniers épisodes sur Playstation 2 (Shinobi, Kunoichi).

Ce nouvel épisode de Shinobi a été confié pour la première fois à une équipe de développement américaine fan de la série, Griptonite Game. C’est donc un véritable hommage qu’ont voulu rendre les programmeurs avec cet épisode puisqu’on y retrouve tous les ingrédients issus des différents épisodes. Ainsi, si le jeu débute durant l’ère japonaise Edo, au temps des shoguns et des ninjas, on enchaîne très vite vers la période futuriste. Notre ninja Joe Musashi issu du clan Moboro est alors envoyé en mission pour combattre Zeed, une organisation criminelle.

Bien que les graphismes soient entièrement modélisés en 3D, toute l’action se déroule sur un seul plan 2D en règle générale. L’esthétique générale du jeu se montre d’ailleurs assez épuré, comme pour faire référence aux estampes japonaises. Du coup, on note un aspect plutôt simpliste des éléments bien qu’assez harmonieux dans son ensemble. La panoplie d’actions de Joe est quant à elle relativement simple : saut, frappe, blocage d’attaque, envoi de kunais en illimité et magie. Concernant cette dernière, il sera possible de choisir entre quatre types de magie sélectionnables directement à partir de l’écran tactile de la console : la première vous permettra de déclencher une attaque enflammée, la deuxième de vous donner l’invincibilité durant un court laps de temps, la troisième décuple vos capacités de saut et d’agilité et la quatrième invincible également mais pour quelques coups seulement. Toute la subtilité du jeu réside donc dans votre aptitude à utiliser ces magies à bon escient et au moment opportun.

Fidèle à la série, le jeu est extrêmement difficile : blessé dans mon amour propre devant sa difficulté surprenante, j’avoue avoir cédé aux sirènes du mode Débutant, étant resté bloqué durant de longues minutes dès le 3ème niveau en mode Normal. Non pas que l’on soit assailli d’ennemis constamment mais parce que Shinobi se montre impitoyable dans l’obligation de maîtriser la technique de blocage des attaques avec le bouton R pour survivre. Le timing étant ultra-serré, il est facile de voir votre barre de vie descendre en flèche et votre ninja sombré au bout de quelques kunais reçus. Dans le cas où vous parvenez par contre à enchaîner les blocages, un contre-éclair se déclenche contre votre ennemi. Les hardcore gamers apprécieront en tout cas, car le jeu joue à fond la carte du scoring : plus vous parez, plus vous cumulez les combos.

 

Sans cette difficulté harassante, on vient au bout du jeu au bout de 6-8 heures. Même si certaines phases se montrent assez répétitives, les environnements se montrent eux assez variés avec même quelques références bienvenue, comme cette fameuse séquence se déroulant sur le dos d’un avion-chasseur tout droit sorti d’After Burner, bande son comprise. On appréciera également les nombreux bonus à débloquer comme l’historique de l’ensemble des épisodes des Shinobi, anecdotes inédites incluses (j’ai ainsi appris qu’un épisode d’Alex Kid spécial Shinobi avait été édité à l’époque de la Master System), des galeries d’illustrations, un théâtre pour revoir les séquences animées façon manga qui ponctuent le mode Histoire, une bibliothèque de toutes les musiques du jeu et enfin des succès à débloquer selon vos performances.

Je l’ai déjà souligné plus haut : le jeu ne brille pas par son esthétique et on a clairement vu plus beau sur le support. Le relief en 3D est plutôt bien rendu grâce à des tailles de personanges assez liliputiens, qui peut d’ailleurs nuire à la lisibilité de l’action. D’un point de vue maniabilité, Joe s’en sort plutôt bien sauf lors des doubles sauts qui par moment vous feront rager. Et même si les points de sauvegarde sont assez nombreux, ils ne sont pas toujours placés de manière très judicieuse, alternant des passages très stressants avec d’autres où il ne se passe quasiment rien. Enfin, si les séquences cinématiques sont plutôt réussies, le design de l’ensemble laisse à désirer.

Sans être aussi inoubliable que ses prédécesseurs, Shinobi 3D se montre efficace et bénéficie d’une bonne variété dans ses séquences de jeu. Le titre devrait de plus contenter tous ceux en mal de challenges hard-cores. Qu’on ne s’y trompe pas : le titre est à réserver aux joueurs chevronnés en quête de défis et qui n’auront pas peur de retenter des niveaux plusieurs fois de suite pour obtenir la note optimale. Tout le monde n’accrochera pas au style finalement très old school de Shinobi mais il serait tout de même dommage de passer à côté, ne serait-ce pour ses multiples clins d’oeil SEGA-fan-service. Personnellement, j’avoue avoir préféré le style plus spectaculaire de la dernière itération de Shinobi sorti il y a quelques années sur Plystation 2. A essayer donc avant d’acheter.

Shinobi 3D est disponible exclusivement sur  console portable Nintendo 3DS.

Note :


SHINOBI 3DS – Trailer d’annonce par SEGA

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