TEST – Resident Evil : Revelations 3DS

Quelle n’a pas été la surprise de l’ensemble de la presse d’apprendre qu’un nouveau volet de la célèbre saga Resident Evil verrait le jour non pas sur console de salon mais sur une console portable, qui plus est la Nintendo 3DS ! Affublé d’un « Révélations », le sera-t-il également pour la célèbre saga qui s’était un peu égarée ces derniers temps ?

Resident Evil : Révélations nous replace avant les événements du célèbre manoir du premier épisode. Les fans de la série retrouveront donc avec joie Jill Valentine et Chris Redfield avant même qu’il ne forme le duo de choc que tout le monde connaît. On retrouve ainsi Jill flanquée d’un nouveau partenaire, le bedonnant Parker, à la recherche de Chris sur un paquebot abandonné en haute mer. Enfin presque puisque vos escapades sur le pont seront mise à mal par des espèces de mutants, lointains cousins des zombies au physique tout droit sorti d’un épisode de Silent Hill. Et puis tout irait dans le meilleur des mondes si un mystérieux groupe terroriste du nom de Veltro ne venait remuer les ficelles de ces horribles pantins contaminés par le terrifiant virus T-Abyss. Brrrr ! Bon, ne nous le cachons pas : le scénario digne d’un film série B (d’ailleurs, chaque début de chapitre a droit à son résumé façon série TV) frise le ridicule et sera surtout prétexte à nous faire shooter de sang froid des vilains pas-beaux tout défigurés.

La première chose qui saute aux yeux, c’est bien la réalisation graphique qui tient la dragée haute à tout ce qui est sorti jusqu’ici sur console Nintendo 3DS. Bien plus peaufinées que l’apéricube Resident Evil : Mercenaries qui nous avait été servi quelques mois plus tôt, les modélisations 3D sont ici réellement de toute beauté. J’ai notamment apprécié les jeux d’ombres et lumières remarquablement retranscrits, faisant échos aux bruitages lors des séquences angoissantes. Malgré les pixels et le mapping un peu fade par endroit surtout quand on y regarde de plus près, il faut savoir reconnaître le travail réalisé sur la diversité des environnements 3D, en particulier pour ce qui est des phases sur le navire.

A ce propos, Capcom a eu la bonne idée de casser la monotonie des chapitres en permettant au joueur d’incarner différents personnages à différentes périodes de l’histoire. On y incarnera ainsi tour à tour Jill et Parker puis Chris et sa partenaire Jessica mais aussi d’autres membres du commandos BSAA pour différentes missions : aller sauver un rescapé, tenter de trouver un code à un point A pour débloquer une porte se trouvant à un point B. Si les missions sont assez similaires sur la première moitié de l’aventure, elles se montrent plus diversifiées et trépidantes dans la seconde, introduisant même des séquences aquatiques inédites jusqu’ici.

En voulant renouer avec l’ambiance des premiers Resident Evil, on retrouve du coup cette impression de couloir. La tâche semble ainsi plus simple, d’autant que l’action se situe en générale en face de soi et à de rare reprise derrière soi. L’effet de surprise atténué, on plus qu’à avancer, shooter et on poursuit. On appréciera l’utilisation du scanner pour trouver des items cachés et qui viendra briser la monotonie de vos aller-retour. Au final, l’histoire se boucle au bout d’une douzaine de chapitres soit 8-10 heures, ce qui est plutôt correct pour un jeu destiné à une console portable. Il faudra ajouter à cela le mode Raide avec d’une part ses innombrables missions de bases, celles à débloquer à coup de StreetPass et de points d’expérience à dépenser et d’autre part la possibilité de jouer en ligne en y incarnant le personnage de son choix (Jill, Chris, Parker, Jessica, etc.) : tout cela vient prolonger la durée de vie de manière conséquente.

Concluons avec la jouabilité. Tenant compte des remarques soulevées sur Resident Evil 5, on notera de sensibles améliorations, à commencer par la possibilité de tirer tout en se déplaçant ! On conserve la possibilité de donner des coups rapprochés. A contrario, le timing pour prendre la fuite se montre beaucoup moins évident que dans RE5 et plus hasardeux.

Quid de l’utilisation Analog Stick Pro de la 3DS ? Il se montre tout simplement indispensable en terme de confort de jeu pour ce titre et vient mettre en lumière la conception immature de la 3DS : l’absence d’un second stick d’origine. Si bien, qu’il faut dire adieu au côté sexy et portable de la console pour une sorte de paquebot dont le poids total n’est pas loin de celui d’une Game Gear. Voilà qui vient plomber l’envie de jouer à Resident Evil en dehors de chez soi. Tout simplement honteux !

Capcom a tenu ses promesses en nous livrant un véritable épisode de Resident Evil sur portable. Le challenge était loin d’être gagné mais l’éditeur a su relever le challenge haut la main, en dépit de quelques concessions techniques. Les puristes rechigneront également vis-à-vis du scénario indigne de la saga : ils se tourneront rapidement vers le mode Commando qui offre un véritable challenge. Le gros point noir vient non pas du jeu en lui-même mais du constructeur Nintendo, obligé de nous sortir un palliatif de dernière seconde pour pallier à l’absence de second stick sur sa console 3DS. Vraiment dommage !

Note :

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