Deus EX Human Revolution : être augmenté ou ne pas être augmenté ? [GameStop]

A jeu exceptionnel, événement exceptionnel : Deus EX Human Revolution s’était en effet invité au cinéma Max Linder à Paris la veille de son lancement. Une présentation atypique sur fond de débats éthiques sur l’avenir de l’homme. Être augmenté ou ne pas être augmenté ? Telle est la question.

Jeudi 25 août 2011 – On a beau être encore en période de vacances scolaires, en fin d’après-midi et en plein milieu de semaine, toute la presse spécialisée était au rendez-vous de l’événement organisé par l’éditeur Square Enix. Il ne fait aucun doute qu’il s’agissait d’un des plus gros lancements de la firme en Europe depuis… la sortie d’un certain Final Fantasy XIII ! Car après avoir été maintes fois retardé, le nouveau bébé du studio Eidos Montréal arrivait enfin à terme et la saga Deus EX, commencé en 2000 sous l’impulsion de Warren Spector (Epic Mickey), accueillir un nouveau volet digne de ce nom. De l’aveu même de son producteur, David Anfossi, l’accouchement de Deus EX Human Revolution fût une vraie torture.

Le jeu aura nécessité plus de quatre années entières de développement avec une équipe de 140 personnes : deux ans pour concevoir le personnage d’ Adam Jansen et deux ans pour rassembler les éléments de gameplay du jeu (combat, infiltration, hacking, interaction sociale). Une équipe plutôt restreinte en comparaison à certains blockbusters actuels, montrant un souçi rare dans la maitrise de la qualité du jeu tout en préservant la vision de ses concepteurs. Voilà qui fait plaisir à entendre quand nombres de titres se revendiquent incontournables auprès des gamers à grand renfort de dizaines de millions d’euros se contre-foutant de l’essence-même  que devrait avoir tout jeu : la passion.

Maitriser pour mieux préserver

Un véritable casse-tête géant qu’il a fallu ensuite intégrer dans un environnement futuriste que les développeurs ont souhaité le plus crédible possible. Et bien que l’amour propre du producteur semble (un peu) affecté par des phases approximatives de conception (combat de boss, cut-scenes), ce nouvel épisode de Deus EX a su conserver toute l’essence de son univers si particulier tout en l’adaptant aux progrès technologiques survenues depuis. conservant sa vue à la 1ère personne et bénéficiant de vue à la 3ème personne lors de phases spécifiques, la durée de vie du jeu est estimée à trente heures environ. Le joueur disposera ainsi d’un vaste choix en matière d’armement, jusqu’à seize armes pouvant être améliorées. Plus encore, notre agent Adam Jansen disposera de facultés exceptionnelles comme le camouflage : plus de cinquante pouvoirs pourront ainsi être augmentées.

Débat éthique sur le transhumanisme

D’augmentation, il en a été question durant le débat « Transhumanisme – Technologie et éthique. Les augmentations mécaniques du corps humain », animé d’une part par les développeurs de Deus EX HR, David Anfossi et Jean François Dugas (Directeur de jeu), et d’autre part par deux spécialistes sur la question du transhumanisme : Ariel Kyrou, auteur de l’ouvrage Google God : Big Brother n’existe pas, il est partout, et Jean Claude Heudin (Directeur à l’IMM et auteur de Robots et avatars : Le rêve de Pygmalion et Les créatures artificielles : Des automates aux mondes virtuels).

I, Human

Dans l’univers de Deus EX HR, deux visions du monde s’opposent. Celle tout d’abord de la firme SARIF Industry, lobby gigantesque qui est parvenu à matérialisé l’envie de l’être humain de devenir plus fort et résistant grâce à des améliorations technologiques. L’autre est celle de PURITY FIRST, groupe opposé au transhumanisme et qui tente de démontrer que l’homme ne peut pas jouer à être Dieu. Par ces deux approches contradictoires, Deus EX HR pose la question aux joueurs de façon détournée vers quel futur ils souhaiteraient que notre monde évolue. Car si le terme barbare transhumanisme semble nous faire peur, il est pourtant indéniable que l’homme a de tout temps été amené à rechercher l’amélioration de soi ou de l’environnement qui l’entoure. Si porter des lunettes est considéré comme une augmentation de notre vision, nous n’en sommes pas pour autant devenu des cyborgs, loin de là.

Réparé ou augmenté : quelle différence ?

Lorsqu’on évoque le transhumanisme, on est naturellement amené à entretenir une différence entre l’homme réparé et l’homme augmenté. L’homme réparé a de nos jours recours aux technologies pour des raisons de santé ou esthétique principalement, comme  des prothèses pour remplacer une jambe perdue. L’homme augmenté est celui qui a recours aux technologies dans un objectif de bien-être ou pour rendre des tâches plus accessibles voire hors de sa portée. Le dopage dans le monde sportif en est ainsi un parfait exemple. La frontière est donc très tenue entre ces deux hommes. De nos jours, les principaux secteurs faisant usage des technologies sur l’homme sont le domaine médical et le domaine militaire.

Depuis l’ère homo sapiens, l’homme n’a eu de cesse d’externalisé ses fonctions motrices en créant des appareils comme la télévision ou l’automobile. Depuis quelques années, ces technologies connaissent un processus inverse puisqu’elles se rapprochent peu à peu de l’homme: le baladeur, l’appareil photo, le téléphone, etc … A l’heure où on parle d’intégrer l’identité numérique dans le corps humain de manière artificielle, le phénomène ne semble donc pas près de s’arrêter. Reste que le débat éthique sur l’augmentation d’une personne à son insu est pour le moment hors de question. Mais jusqu’à quand ?

Deus EX Human Revolution est actuellement disponible sur consoels Playstation 3, Xbox 360 et PC.

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