Découverte du Playstation VR : le retour gagnant d’un rêve oublié

De l’Oculus Rift au Playstation VR, l’engouement du grand public pour réalité virtuelle s’est confirmé lors du dernier Paris Games Week.

Playstation VR

Le concept de réalité virtuelle n’est pourtant pas tout jeune. Souvenez-vous : des films comme Tron en 1982, Le Cobaye sorti en 1992 et la trilogie Matrix en 1999 mettaient déjà en avant ce concept d’univers parallèles fictifs, où tout ce que l’on voit et ressent n’appartient pas au monde réel. Ce rêve de l’homme contemporain à l’aube du XXIème siècle a trouvé ses premiers ambassadeurs chez les constructeurs de jeux vidéo.

De véritables concepts sont ainsi sortis de terre dans le domaine des jeux d’arcade puis chez les constructeurs de jeux vidéo. Les plus grands acteurs de l’époque comme Atari et Nintendo s’étaient lancés dans le projet fou de donner naissance à leur propre vision du casque de réalité virtuelle, donnant respectivement naissance au Jaguar VR (un accessoire utilisant la console Jaguar) et le fameux Virtual Boy, l’échec commercial le plus cuisant de toute l’histoire de la firme japonaise. Trop cher, trop encombrant et quelques maux de tête plus tard : la réalité virtuelle semblait alors trop avant-gardiste pour trouver son public et les projets furent très vite ranger dans les cartons.

Playstation VR

L’ovni Virtual Boy de Nintendo

Ce n’est que vingt ans après que le concept de réalité virtuelle refit soudainement surface. Entre temps, les technologies en matière de modélisation graphique ont considérablement progressées. Le succès de la 3D en relief auprès du grand public grâce à des succès cinématographiques comme Avatar ont prouvé que les nouvelles technologies pouvaient enrichir le milieu du divertissement et de la culture, créant une véritable expérience multi-sensorielle chez le grand public. Profitant de cette mouvance réceptive à l’usage des nouvelles technos, des projets comme l’Oculus Rift ont ainsi vu le jour et ont permis de réhabiliter l’idée même d’immerger une personne dans un univers total artificiel. Depuis, l’actualité s’enrichit chaque jour d’annonces de nouveaux casques de réalité virtuelle. Samsung Gear VR, Razor OSVR, HTC Vive, VRTX One et autre Hololens de Microsoft : les plus grands constructeurs se sont engouffrés dans la brèche.

Playstation VR

La dernière édition du Paris Games Week fut d’ailleurs l’occasion de mesurer la popularité de ces casques auprès de la génération du XXIème siècle. Désormais familier aux réseaux sociaux sur Internet et autres appareils mobiles connectés, ce public de « geeks » est constitué de trentenaires voire quarantenaires, ceux-là même qui étaient… les adolescents des années 90 ! En toute logique, ces hommes et ces femmes ont suivi assidument l’avancée de ces technologies. Si l’on ajoute les progrès réalisés dans le domaine des graphismes des consoles de salon dernières générations, tous les ingrédients semblent à présent réunis pour signer enfin l’arrivée de la réalité virtuelle dans nos salons à l’instar d’un Retour vers le futur 2.

Playstation VR

Arrivé sur le tard, le constructeur japonais Sony avait crû dur comme fer que la transition passerait d’abord par le rendu 3D relief en lançant le Visiocasque 3D et en rendant compatible 3D les jeux de sa console Playstation 3 tels que Motorstorm Apocalypse ou Uncharted 3. Mais très vite, le constructeur a senti le vent tourné et décida de lancer son propre casque de réalité virtuelle sous le nom de Project Morpheus. Qui mieux que Sony en effet pouvait être capable d’introduire un tel concept dans les foyers grace à sa base colossale de possesseurs de consoles Playstation ? Car elle est bien là l’idée de génie : introduire un concept novateur utilisant la puissance technologique de sa dernière console de salon PS4, celle-là même qui bat des records historiques de vente depuis ses débuts.

Playstation VR

C’est un moment privilégié qu’ont eu les joueurs parisiens durant la Paris Games Week : c’était en effet la première fois que le casque de réalité virtuelle de Sony, baptisé finalement Playstation VR, profitait d’un premier galop d’essai avec le grand public. Je ne pouvais donc pas manquer ce rendez-vous : après m’être inscrit à une session d’essai, me voici en face du fameux accessoire. De prime abord, c’était la déception : le casque se rapprochait grandement du design des casques tout droit sorti des 90’s. Plusieurs cables servaient de liens permanents entre le casque et la console PS4. Le démonstrateur se veut cependant rassurant : bien qu’avancé, le Playstation VR est encore en phase bêta et sa version définitive commerciale devrait encore beaucoup évoluée avant sa sortie calée vraisemblablement sur 2016.

Playstation VR

Puis vient le moment du port du casque et là, surprise : à l’inverse de tous ses prédécesseurs, il est vraiment léger ! En plus du confort appréciable apporté par l’armature matelassé, le système d’ajustement du casque se fait astucieusement via un coulissage du bandeau arrière : ainsi, on peut régler le casque suivant que vous portez ou non des lunettes par exemple. A l’intérieur du casque, mon regard bénéficie réellement d’un champ de vision sur 360 degrés, me coupant littéralement du monde réel : il m’était d’ailleurs impossible de me mouvoir ou de m’orienter sans une aide tierce une fois le casque vissé sur la tête.

Playstation VR

Faites une croix sur les fameux gants avec capteurs que vous enviez tant à Tom Cruise dans Minority Report : pour permettre au joueur d’interagir avec son environnement, vous êtes invité à réutiliser une bonne vieille paire de Playstation Move. Oui, ceux-là même qui ont finis recouverts de poussières au fond de vos tiroirs après avoir passé une soirée de rigolade sur Sports Champions. Des accessoires moins glamours donc mais qui se sont avérés plutôt efficaces à l’usage. Car c’est sur une démo intitulée « The London Heist » basée sur la licence The Getaway, ressortie des placards près de treize années après sa première apparition sur Playstation 2.

Playstation VR

C’est à une séquence de course poursuite en bagnole que je suis invité à participer. Installé sur le siège passager, un type à la mine patibulaire me servant de chauffeur m’incite à fouiller la boite aux gants où je trouverai rapidement un uzi. Me repérant au moyen d’une main virtuelle matérialisée dans le monde réel par mon PS Move droit, j’ouvre avec une facilité déconcertante la boite à gant d’un simple coup de gâchette qui se traduisait par la saisie de la poignée à l’écran. Tout aussi déconcertant : je m’empare avec ma main gauche des barrettes de munitions pour les enfiler dans le chargeur de mon uzi toujours dans ma main droite. Comme dans la réalité en somme.

Playstation VR

S’ensuivent de longues minutes d’actions intenses où je suis assaillis par des hordes de poursuivants en moto et en fourgonnette, que je ralentissais ou dézinguer à coups d’uzi. Pour améliorer ma vision, je décide de donner un coup de poing dans le pare-brise : dans un fracas dont je suis le seul auditeur, celui-ci vole littéralement en éclats sous l’impact brutal du coup. Tout juste bluffant comme sensation. Certes, tout n’est pas idyllique car les graphismes sont bien loin de tirer partis des capacités de la PS4, rappelant plutôt les moteurs 3D tournant sur la modeste Playstation 3. Il n’empêche : dans le feu de l’action, j’ai été totalement happé par la frénésie du jeu, le port du casque Playstation VR transcendant de façon inédite l’expérience que l’on peut vivre dans ce type de jeu à la première personne.

Playstation VR

Il me tarde donc de découvrir les prochains titres et de revivre l’expérience du Playstation VR qui m’a en l’espace de quelques minutes entièrement convaincu sur le potentiel d’un tel périphérique qui préfigure ce que sera le jeu vidéo de demain. Reste la problématique du prix qui tend vers un tarif proche de celle d’une console de jeu à part entière, aux alentours de 300-400€. A suivre donc…

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.