Critique DVD – CH:OS:EN Saisons 1 – 2 – 3

Le phénomène des web-séries prend de l’ampleur et se pose en véritable alternative aux séries TV. CH:OS:EN qui débarque en DVD en fait partie.

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Le quotidien de Ian Mitchell est partagée entre sa carrière professionnelle d’avocat pénal et sa fille. Accaparé par son job, il ne lui reste plus de temps pour sa famille, ce qui a eu pour conséquence le départ de son épouse. Comme un coup du destin, Ian reçoit un matin une boîte mystérieuse à son nom sur le pas de sa porte. Intrigué, il décide de l’ouvrir et trouve à l’intérieur une arme à feu accompagnée d’une photo d’un inconnu. Rien d’autre à priori. Mais ce qu’il n’a pas aperçu en ouvrant la boite, c’est le déclenchement d’un engrenage dont il ne pourra plus sortir : celui de devoir tuer la personne sur la photo dans les 72 prochaines heures. Les destins de Milo Ventimiglia (Heroes), Chad Michael Murray et Josie Dacosta (Charmed) vont tour à tour se lancer dans un jeu dont ils ne trouveront jamais l’issue.

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La série CH:OS:EN fait preuve d’originalité à plus d’un titre. Tout d’abord, par son format composé de six épisodes par saison, chaque épisode n’excédant pas la demi-heure. C’est moitié moins que d’autres ténors du genre comme les épisodes de 24 heures Chrono (1h) ou Homeland (50mn). Si le pitch rappelle le film The Box avec Cameron Diaz, la ressemblance s’arrête là : on a ici affaire à un thriller à l’action frénétique qui emprunte de nombreux codes à des séries comme 24 heures Chrono notamment. Le suspens y est haletant, la réalisation à 200 l’heure ne laisse aucun moment de répit au spectateur. Un sentiment qui est renforcé par la courte durée de chaque épisode : au terme de chaque épisode, l’action est laissé en suspens et incite irrémédiablement le spectateur à vouloir voir l’épisode suivant.

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L’autre originalité de cette série, que l’on doit aux producteurs de la chaine VOD américaine Crackle, est que le fil conducteur entre chacune des saisons n’est pas représenté par des personnages mais par la boîte elle-même. C’est la boîte qui dicte le destin des personnages que l’on suit tout au long de ces trois saisons. Dans chaque saison, deux individus voient leur destin respectif chamboulé. La force de la série est de nous faire croire qu’ils sont tous en mesure de sortir du jeu infernal des boites en évitant de tuer leur(s) cible(s) ou en tenant de se cacher. Mais en réalité, leur destin appartient en permanence aux Veilleurs (Watchers en VO) capables de tout voir et de contrôler leur existence.

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Cette trajectoire dont il est impossible de dévier apporte un sentiment de pessimisme dans une société fictive où même les forces de l’ordre, corrompus, sont entièrement dévouées  aux maîtres du jeu. On assiste impuissant à la transformation de Mr et Mme Tout-le-monde en de véritables machines à tuer. Cela n’est pas sans rappeler les pulsions meurtrières de Jack Bauer (24 heures Chrono) ou du flic Rick Grimes (Walking Dead) ou encore les penchants noirs de notre ami Dexter.

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A l’instar du film The Game de David Fincher avec l’excellent Michael Douglas, ce qui est intéressant dans le concept de ces Veilleurs qui ont mis en place ce jeu grandeur nature, c’est que cela permet de faire ressortir la bestialité de la nature humaine devant des choix impossibles à faire. Face à l’obligation de tuer pour survivre, les motivations divergent alors. Certains le feront pour sauver un être cher; d’autres pour prévenir une tentative d’enlèvement des siens; et d’autres pour le simple plaisir de tuer et de faire grimper son compteur au tableau des meilleurs scores !

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Au bout de trois saisons qui s’enfilent comme des perles, on a hâte d’en découvrir plus dans une quatrième saison annoncée pour 2016 d’après leurs producteurs et dans un format plus long : à voir si ce changement de format n’aura pas d’impact néfaste sur le caractère bien nerveux de la série.

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