CRITIQUE CINE – Transformers 2

Suite de Transformers, « Transformers 2: la revanche » (« Revenge of the Fallen » dans son titre original anglo-saxon) figurait sans doute parmi les films les plus attendus de cette année 2009. Il était donc normal qu’on l’attende au tournant et on ne peut pas dire qu’il m’ait totalement convaincu de ce point de vue là… Explication.

Toy Story

Qui ne se souvient pas du fameux dessin animé Transformers qui remplissait nos après-midi tout d’abord sur Canal + via l’émission Cabou Cadin en 1985  (à l’époque, j’étais tellement fou de cette série que je passais mes journées devant ma tv en noir et blanc…) avant son arrivée sur  Antenne 2 via l’émission jeunesse Récré A2? Au seul mot de « Transformers » dans les cours de récré, c’était des concours de gesticulations entre nous, tenant de nous transformer en voiture à coup de « KRI-KROU-KOU-KUK », ce bruitage légendaire de la transformation des robots, marque de fabrique de la série animée.
A l’origine, Transformers est inspiré d’une série de jouet japonais, les « Diaclone », sortie au début des années 80 au Japon. C’est en 1984 que le géant du jouet américain Hasbro en s’associant avec l’autre fabricant japonais Takara (oui, ceux-là même à qui l’on devra plus tard la série Tôshinden sur console Playstation) donneront naissance à « The Transformers », l’une des première gamme de jouet dont le concept était prévu pour être ensuite décliné sous toutes les formes dérivés possibles à l’époque, du comics book au dessin animé.

Retour sur un fantasme de geek

L’annonce de l’arrivée du film en 2007 aura suscité autant les rêves les plus fous que les pires craintes. Rêve car voir ressurgir cette licence de jouet mondialement connue qui s’apprêtait à prendre vie était l’aboutissement d’un fantasme de gamin; rêve par l’annonce des réalisateurs à l’origine du projet: Steven Spielberg et Michael Bay: l’un est connu pour son savoir-faire légendaire dans le domaine de la science fiction, l’autre pour ses films d’actions 100% adrénalyne. Craintes car comment retranscrire de manière fidèle des jouets sans choquer les générations des années 80 et celles actuelles? Craintes renforcées par les premières images délivrées sur le net d’un Optimus transfiguré et quasi-méconnaissable si ce n’est par ses couleurs. Et craintes enfin par les dangers d’une adaptation en live d’un dessin animé qui se soldent dans la plupart des cas par de véritables catastrophes tant scénaristiques que visuelles. En bref, le pari semblait complètement fou!

Transformers, c’est toujours un succès!

C’était sans compter sur la passion notamment de S. Spielberg pour cet univers de jouets. Et c’est ainsi que sorti en juillet 2007 le premier opus de Transformers. Refonte totale du design des robots d’origine, peu de robots conservent même leur transormation si ce n’est Optimus: même Mégatron est transformé de simple pistolet laser au départ en un vaisseau spatial dernière génération. De quoi s’attirer les foudres des fans de la série! Sans compter un scénario qui reprend dans les très grandes ligne la trame originelle en introduisant des éléments nouveaux comme Sam, descendant d’un archéologue qui aurait découvert l’existence des Transformers, qui deviendra le principal sauveur des Autobots. Malgré tous ces chamboulements, Transformers fit un véritable carton au box office, engrangeant plus de 700 millions de dollars à travers le monde pour un budget estimé de 150 millions, soit le plus gros revenu
engendré à l’époque pour un film qui n’était pas une suite. Il ne fallait pas être devin pour imaginer qu’une suite serait portée prochainement sur les écrans, portée par le succès de cette première mouture.

More Badass. More Robots. More Sexy.

Le scénario de Transformers 2 ne brille pas spécialement par son originalité: laissé pour mort dans le premier Transformers, Megatron est pourtant de retour plus fort que jamais et soutenu par une armée de nouveaux Decepticon. au terme d’un combat fractricide, le chef emblématique des Autobots, Optimus Prime, succombe au combat laissant la porte ouverte à la soif de conquête de Megatron et son sbire Starscream. Pendant ce temps-là, le jeune Sam (Shia Lebeouf) entre à l’université et découvre les premières tensions amoureuses avec sa jeune conquête, la sulfureuse Mikaela (Megan Fox). Mais la réalité du moment rattrape Sam le jour où il découvre dans ses vêtements un fragment abandonné du Cube, la source d’énergie des Decepticon…

I, Super Robot

Premières images, premier choc: la magie qui avait opéré par la découverte des robots à l’écran fonctionne toujours dans cette suite. Il faut avouer que la maîtrise 3D dans la modélisationdes robots est tout simplement hallucinante, à tel point qu’il est quasi impossible de dissocier le virtuel du réel. La plupart des robots sont véritablement de toute beauté et leur diversité ne fait que me rendre admiratif du travail colossal de leurs
mecha-designers. Après, on pourra toujours reprocher que le trop grand niveau de détail apporté sur l’apparence des robots rend leur physionomie quelque peu fouillis et que par moment ils ne ressemblent presque plus à rien (cf. Megatron) mais ça reste quand même un superbe travail d’un point de vue esthétique. Un sentiment qui transparaît tout au long du film d’ailleurs…

Je suis Megan de toi!

Ce n’est pas un hasard puisque Michael Bay avant de tomber dans la réalisation de films, était surtout spécialisé dans celui des clips. On retrouve donc cet attachement à l’aspect purement esthétique des séquences durant tout le film, abusant de moult ralentis façon Armageddon et autres Matrix. Les séquences affolantes où Megan Fox apparaît ne sont d’ailleurs là que pour mettre en valeur la plastique parfaite de la jeune ingénue plutôt que son jeu de scène proche du zéro absolu. Cela tourne même au fan-service quand l’objectif se promène langoureusement sur les formes généreuses et pulpeuses de la belle, qui dans toutes les circonstances (à moto, à pied, en voiture ou après une course dans le désert égyptien) conserve une fraîcheur physique et corporelle de tous les instants, que ce soit au niveau de son gloss à lèvre ou de son brushing: à se demander si l’extra-terrestre, ce n’est pas elle en fait ! Que ce soit voulu ou pas, cela ne peut que faire plaisir à la « population testosteronienne » et dieu sait s’ils étaient nombreux dans la salle pour contempler la bave aux lèvres la miss Fox !

Espèce de Decepticon!

Quant à Shia, s’il semble à peine moins pataud que dans le premier opus, on sent qu’il prend un peu plus d’initatives vers la fin du film, ses rares séquences d’actions se soldant par quelque moment de bravoure sans grande conviction. J’ai bien dit « rares » car la plupart des séquences d’actions sont à mettre au crédit de nos amis Autobots et Decepticons. Des Transformers qui se sont d’ailleurs plus que bien adaptés au comportement humain à en juger tout d’abord par leur comportement: si Optimus reste fidèle à lui-même, d’autres cultivent la culture Rap / R’n’B façon Def Jam. Plutôt choquant et vite agaçant à coups de ouech-ouech. Que penser sinon de la diversité sans limite des Transformers dans leur transformation: si on les savait capable de se transformer en toute sorte d’objets et véhicules de locomotion, qu’ils sont également capable de se transformer en animaux, que dire de leur faculté à se transformer en humain tout simplement? On nage en plein Terminator!

Et ça dure, ça dure…

Pour finir, je tiens à pousser un coup de gueule sur la durée du film: près de 2h30 de film, c’est beaucoup trop long lorsqu’un film repose sur des séquences au ralenti, où l’histoire démarre au bout d’une bonne heure. Trop long pour un scénario fait de fil blanc et de morceaux de scotch bourrés de référence à la quête du Graal, Matrix, voire même aux Seigneurs des anneaux. Alors certes, on connaît la propension de Michael Bay à faire des clins d’oeil à différents films, les siens en premier (cf. l’affiche de Bad Boy II dans la chambre de Sam) mais là, on tourne à l’overdose!
Pour conclure, Transformers 2 est un film à voir complètement déconnecté du monde réel: on nous emmène dans un monde entre gentils robots qui affrontent de méchants robots. Dans un monde où toutes les filles sortent tout droit de l’agence de top-model Elite. Dans un monde où l’armée américaine, c’est les vrais copains des Autobots, qu’ils vont exploser les Decepticon et les débarasser de notre Terre en danger. Enfin dans un monde où la démesure n’a plus de limite réelle car tout est possible. Ca vaut pas le premier Transformers mais bon, c’est comme les M&M’s: à forte dose, c’est écoeurant mais on en redemande quand même! Et ces robots cachés, ben ils sont quand même  vachement  beaux et forts, y’a pas à dire! Et puis, rien que pour Megan…

Note :

Allez hop, juste pour le plaisir, admirons comment Megan se lève le matin 😀
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