CRITIQUE CINE – Super 8

On l’attendait avec impatience : la rencontre de la montagne Spielberg et du surdoué J.J. Abrahams (Lost, Cloverfield, Star Trek) allait faire date dans le cinéma grand spectacle. Et ça commence par ce Super 8, une plongée dans l’Amérique profonde des seventies…

Joe Lamb est un de ces adolescents américains comme on peut en voir partout dans la province de l’Ohio. En dehors de l’école, il occupe ses journées en traînant avec ses potes, au grand désarroi de son père, shérif de la ville. Ce dernier, devenu veuf suite à un accident, a du mal à accepter cet état de fait et c’est donc Joe qui en pâtit. Mais le grand rêve de la bande à Joe est celui de réaliser un grand film de zombies, de ceux dont tout le monde se souviendra. Le genre de films que vous tournez au fond de votre garage, avec trois bouts de ficelle et un pot de confiture à la fraise pour l’hémoglobine. C’est donc armé de la caméra Super 8 empruntée en douce à son père que Joe, ses potes et de la belle Alice se lancent dans une superproduction dont ils se souviendront toute leur vie. La raison: un accident de train en pleine nuit allait bouleverser leur existence à tous.

Petit aparté technique avant de débuter cette critique ciné : le Super 8 est un format cinématographique conçu par la firme Kodak  sorti en 1965. Il s’agissait d’un procédé dédié au cinéma amateur du fait de son coût peu onéreux (grâce à son format  de pellicule en 8 mm en comparaison au format 16 mm employé pour le cinéma d’époque). C’est un peu l’ancêtre de nos caméscopes puisqu’il était possible de changer la bande à partir d’un système de cassettes. Que de chemin parcouru en l’espace d’un demi-siècle quand aujourd’hui on ne jure que par le dématérialisé et le numérique !

Lorsque l’on voit Super 8 la première fois, on ne peut que noter le parallèle saisissant avec les premières réalisations de Steven Spielberg. De E.T aux pérégrinations des Goonies, notre club des 5 de l’Ohio semblent cultiver ce même engouement pour le surnaturel et le cinéma. On suit avec nostalgie les péripéties de nos amis, allant de découverte en découverte. Les clins d’œil multiples de J.J. Abrahams aux grands classiques des films catastrophes et des films tournés en Super 8 de l’époque font mouche grâce à une Amérique profonde des années 70 retranscrite dans ses moindres détails. On reconnaît bien là le travail méticuleux de Steven Spielberg en la matière. On vit 70’s, on respire 70’s, on bouffe 70’s : bref, on y croit !

Tout comme dans les effets spéciaux dont les points d’orgue ne sont que l’impressionnant accident de train et le final digne de Rencontre du Troisième Type. Le casting est quant à lui assez remarquable avec une jeune Elle Fanning (Somewhere) impressionnante de justesse dans son rôle et un Kyle Chandler (King Kong, le Jour où la Terre s’arrêta) en grande forme dans le rôle du père courage de Joe.

Super 8 tient ses promesses et constitue un bon divertissement familial.Véritable hommage aux films en tournés en super 8, les plus âgés y trouveront des références multiples aux films de leur jeunesse tandis que les plus jeunes se passionneront pour les aventures de la bande à Joe. Bien que l’intrigue ne soit pas aussi relevé qu’on l’aurait souhaité, on passe un bon moment de récréation comme du temps des Goonies. Mention spéciale sur le générique de fin absolument hilarant et tout bonnement excellent ! On regrettera juste l’issue de Super 8, un peu expédiée et aux étrange résonances à la « Indiana Jones et le Royaume du Crâne de cristal ». Un film à découvrir cela étant, en attendant que le duo Spielberg / J.J. Abrahams prennent véritablement leurs marques.

Super 8 sort dans toutes les salles le 3 août prochain.

Note :

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