CRITIQUE CINE – Prince of Persia: Les Sables du temps

C’est le nouveau film événement de ce printemps: la sortie du film Prince of Persia: Les Sables du Temps, adaptation sur grand écran de l’une des plus belles sagas vidéoludiques. Avec aux commandes la Dream Team « des Caraïbos » Bruckheimer / Disney, on s’attend forcément à vivre de grands moments d’aventures dans cette superproduction. Verdict !

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Petit prince voulait devenir grand

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Fruit de l’imagination du jeune Jordan Mechner, le jeu vidéo Prince of Persia fait son apparition pour la première fois sur les écrans des ordinateurs en 1989. Depuis, vingt ans après, la légende continue à perdurer et on compte près d’une dizaine d’épisodes issues de la saga Prince of Persia tous supports confondus. Qui donc aurait prédestiné un tel destin et surtout un tel succès planétaire à ce jeu amateur aux origines empruntes aux Contes des 1001 nuits? Très tôt, Jordan Mechner imaginait déjà à l’époque de réaliser un long métrage sur la base scénaristique de son jeu. Véritable passionné de cinéma et des légendes orientales, il ira jusqu’à écrire un manuscrit qui ne demandait qu’à être accepté par un réalisateur. Finalement, ce rêve caressé durant de longues années prend finalement vie dans les mains d’un magicien: Jerry Bruckheimer.

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Dream Team

princesse.jpgJerry Brruckheimer est loin d’être un newbie dans le milieu: c’est plutôt tout le contraire car il est la machine à succès d’Hollywood ces dernières années. On lui doit ainsi les deux Benjamin Gates, la série télévisée Les Experts et surtout la trilogie des Pirates des Caraïbes, sa première vraie success story avec les studios Disney.  Pour produire Prince of Persia: Les Sables du Temps, il a su s’entourer des grosses pointures. Côté réalisation, la tâche fût confié à Mike Nowell qui avait fait ses
preuves avec Harry Potter et la Coupe de Feu. Niveau acteur tout d’abord avec Jake Gyllenhaal (Le secret de Brokeback Mountain, Jareahd) dans le rôle principal du prince,Ben Kingsley (Gandhi, La Liste de Chindler) dans le rôle de l’infâme Nizam et la sublime Gemma Arterton (Le Choc des titans), la fameuse James Bond Girl de Quantum of Solace. Mais surtout côté musical, ce n’est pas moins qu’Harry Gregson-Williams qui officie sur le film. Un compositeur qui ne peut vous être inconnu tant son toute ses précédentes compositions sont régulièrement synonymes de block-buster, tant au cinéma (Shrek 4, X-Men Origins: Wolverine, Le Monde de Narnia, Le roi Lion, Armageddon…) qu’en jeu vidéo avec la série mythique d’Hideo Kojima, Metal Gear. Autant dire qu’avec un vétéran qui a oeuvré dans ces deux formes d’art, on ne pouvait qu’être rassuré sur le potentiel de cette adaptation cinématographique.

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La légende du Prince de Perse

popsp20f.jpgNous sommes au VIe siècle après J-C. en Perse. L’histoire de Prince of Persia n’est pas calqué sur la trame du jeu original de 1989 où le Prince devait sauvé sa Princesse bien-aimé des griffes du vizir Jaffar. Le film Prince of Persia se base davantage sur la nouvelle saga initiée en 2003 par l’éditeur Ubi Soft, dont l’intrigue tourne autour des fameux Sables du Temps. La possession de cette dague magique  contenant le précieux sable permet en effet à son propriétaire de remonter le temps sans qu’il ne soit lui-même affecté au niveau de son esprit. C’est ce que découvrira le jeune Dastan, jeune prince recueilli alors qu’il n’était qu’un enfant des rues par un roi généreux.

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Durant toute son enfance, il grandira aux côtés de ses deux frères d’adoption, Tus et Garsiv, envers qui il nourrit une soif permanente de compétition fraternelle. Car Dastan est de caractère impétueux, impulsif mais surtout brave, fin stratège et incroyablement agile. Ce qui lui vaudra l’admiration de son père adoptif mais aussi la jalousie de ses frères… Jusqu’au jour où Dastan se retrouve accusé à tort de l’assassinat de son père, ce qui l’amènera à fuir malgré lui avec la jeune princesse Tamina, gardienne des Sables du Temps au caractère bien trempé. Il s’ensuivra alors une véritable chasse à l’homme (et à la femme) et une quête de la vérité pour Dastan, qui cherchera par tous les moyens à laver sa culpabilité grâce au pouvoir des Sables du Temps.

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Plein les yeux

desertOn s’en doutait: « Prince of Persia: Les Sables du Temps » fait parti de ces films à grand spectacle. De ceux à voir sur grand écran. Les premiers instants au contact du Prince sont particulièrement grandioses: la séquence d’assaut de la cité d’Alamut est remarquablement orchestré et on est scotché devant les prouesses chorégraphiques et acrobatiques de Jake/Dastan, escaladant une fortification, se lançant dans le vide, sautant de toit en toit. L’action est tellement intense qu’on a réellement l’impression de se retrouver face aux cinématiques spectaculaires du jeu vidéo! Du spectacle, c’est ce que vous réservera ce Prince of Persia, que ce soit dans les moments magiques de la découverte des pouvoirs des Sables du Temps que dans les courses poursuites entre le Prince et la Princesse souvent avec humour. Les costumes se montrent quant à eux véritablement somptueux tout comme les paysages (tournés au Maroc) ainsi que les décors pharoniques. On est vraiment face à une production à gros gros gros budget et ça se voit…

Trop beau pour être vrai

prince_of_persia_sands1.jpg… ou presque. Car on perçoit tout de même l’utilisation à outrance des trucages numériques pour les nombreux effets et par moments décors en incrustation. Les effets visuels du pouvoir des Sables du temps montrent ses limites dès lors qu’on commence à regarder la modélisation en demi-teinte des comédiens façon sable. Par ailleurs, le jeu de comédien de Jake Gilenhaal semble par moment surjoué; je lui préfère ainsi le talent d’actrice de notre princesse Gemma qui subjugue littérallement le spectateur par sa beauté. Son rôle de femme émancipée et non de simple potiche lui confère une consistance loin des poncifs habituels dans ce genre de film « façon La Momie », multipliant les séquences où sa condition de princesse est tournée en dérision. Malheureusement, là où POP:LSDT pêche, c’est qu’on ressent irrémédiablement une impression de déjà vu, des séquences qu’on croirait sorti d’un Indiana Jones, A la poursuite du diamant verre et autre Momie. Des grands classiques que le Prince n’arrive malheureusmeent pas à égaler, en dépit de bonnes idées.

jeu pop 1Curieusement, on pourra peut-être reproché au POP:LSDT d’être trop fidèle au jeu vidéo, notamment vis-à-vis de sa mise en scène. Outre la présence de la fameuse dague magique, le joueur averti appréciera tout de même les nombreux clins
d’oeil façon « fan-service » faisant écho aux différents épisodes de la saga, tant par les accoutrements de notre Prince (POP2: l’Ame du guerrier et POP HD) ou des séquences d’action (le combat au fouet à dents et  la poursuite de char provenant de POP: Les Deux Royaumes). Côté scénario, le choix se veut aussi assez contestable: pourquoi ne pas avoir introduit la notion de schizophrénie présente dans POP: Les Deux Royaumes? Il aurait permis de donner une plus grande consistance à la psychologie du personnage de Dastan, au lieu de ne mettre en avant que ses talents d’acrobates « grandguignolesques » et sa jeunesse de petit voleur tout droit sorti d’Aladdin. Il est par contre heureux qu’ait été mis en avant la complicité du duo Prince / Princesse, inspiré directement du duo Prince/Princesse Elika du jeu POP HD sorti l’année dernière sur Playstation 3 et Xbox 360.

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En bref, « Prince of Persia: Les Sables du Temps » est un bon divertissement pour toute la famille, dans la grande tradition des films Disney. On y va pour voir du grand spectacle, de la magie, une belle histoire d’amour avec des prince et une princesse, et un grand méchant qui ne se dévoile que vers la fin sans trop de surprise. L’adaptation a le mérite d’être fidèle en soi mais les choix scénaristiques et de mise en scène façon vidéoludique sont assez discutables et font qu’il ne peut pas prétendre au titre d’incontournable du film d’aventure. Mais soyons clair: « Prince of Persia: Les Sables du Temps » figure parmi les meilleures adaptations cinématographiques issues d’un jeu vidéo à ce jour. Et c’est pas si mal !

Note :

« Prince of Persia: Les Sables du Temps » sort aujourd’hui 26 mai dans toutes les salles françaises.

Petit bonus: interview de Jake Gilenhaal pour ces dames 🙂

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