CRITIQUE CINE – Largo Winch 2

Le  film Largo Winch premier du nom sorti en décembre 2008 avait constitué une bonne surprise en dépit de quelques écueils dans sa réalisation.  J’étais donc assez impatient de découvrir de quoi allait retourner le second opus, toujours réalisé par Jérôme Salle et dans lequel Tomer Sisley reprend le rôle du multi-milliardaire politiquement incorrect.

illustration (c) Philippe Francq

Si le titre de ce nouveau Largo Winch version grand écran ne s’embarrasse pas d’un sous-titre mais d’un simple chiffre, c’est qu’il en est la suite directe. Alors que l’on avait laissé Largo à la tête du Groupe Winch après le décès de son père adoptif, voilà que le film débute alors que Largo s’apprête à vendre son groupe pour créer une nouvelle entité aux desseins humanitaires. Seulement, le jeune héritier se retrouve piéger dans un sombre complot où il est question de trafiques d’armes en territoire dictatoriale. Il est notamment accusé d’accords passés avec des milices militaires birmanes alors que la guerre y fait rage. Parallèlement, un mystérieux potentiel acheteur du groupe se dévoile alors que le groupe se dévalorise sur les cours de Bourse, victime des affaires de corruption dont est accusé son dirigeant…

Largo Winch 1 avait posé les bases d’une histoire autour du personnage de Largo, sur son enfance et mis en avant sa relation complexe avec son père adoptif Nerio Winch. Adaptations des albums BD La Forteresse de Makiling Tome 7 et l’Heure du tigre Tome 8 (disponibles aux Editions Dupuis), ce second opus nous catapulte directement au cœur d’un  complot financier machiavélique à l’issue plutôt surprenante. On retrouve en toute logique Tomer Sisley qui reprend ici son rôle de gentleman casse-cou sous les traits de Largo Winch. Son personnage a mûri, plus sûr de lui et plus dur. Les séquences de combat, particulièrement convaincantes,  se rapprochent même de ceux qu’on peut trouver dans un James Bond « à la Daniel Craig » ou de Jason Bourne, avec des mouvements de caméras qui s’entrechoquent. Assez jouissif.

Au côté de Largo, on retrouvera des figures phares de la série comme Simon Ovronnaz son ami de toutes les situations; Gauthier le majordome de « l’extrême » entièrement dévoué à la cause de Largo, Dwight Cochrane, le fidèle collaborateur de Largo au sein du Groupe Winch. Des personnages plutôt fidèles à leurs homologues BD, avec des caractères particulièrement typés chez chacun d’entre eux.

Enfin, la plantureuse Sharon Stone incarne  Diane Francken, un procureur à la Cour Pénale Internationale, une femme prête à tout pour parvenir à ses fins et notamment coincer Largo Winch sur ses agissements. Un rôle qui sied à ravir à notre belle blonde, bien qu’on ne la voit finalement qu’assez peu à l’écran : son personnage calculateur s’oppose à celui de l’homme d’action qu’est Largo.

Ce que j’ai apprécié dans Largo Winch 2,  c’est son cocktail d’intrigue financière et d’action brute. On sent la référence aux Jason Bourne, avec un personnage piégé et harcelé par des événements se retournant contre lui.  Les voyages sont également de la partie et se montre dépaysant : difficile de ne pas tomber sous le charme de ces paysages de Birmanie ou de Thaïlande.  Le réalisateur Jérôme Salle a souhaiter donner une touche plus colorée à l’ensemble du film, avec des couleurs vives à l’écran qui renvoient inconsciemment le spectateur vers ses origines BD.

Largo Winch 2 constitue un bon divertissement et ne tombe pas dans le piège de la suite facile. Plus accrocheur et avec un Tomer Sisley davantage convaincant dans le personnage principal qu’il incarne,  le film  nous emmène tambours battants aux quatre coins du globe. On suit une intrigue assez bien construite (même si on ressent quelques grosses ficelles scénaristiques sur la fin),   suffisante pour nous tenir en haleine jusqu’au dénouement finale. Plus accessible que le premier et plus punchy,vous passerez un bon moment.


Largo Winch 2 sort dans les salles demain mercredi 16 février 2011.

Note :

Retrouvez l’interview du réalisateur Jérôme Salle et du scénariste Julien Rappeneau ci-dessous (en deux parties).

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