CRITIQUE CINE – In the Shadow of the Moon: 40 ans plus tard

Hier soir, je suis allé assister à la projection du film documentaire américain « In the Shadow of the Moon » sorti en 2007 et réalisé par Ron Howard. Un film que je n’avais pas encore vu jusqu’à hier mais qui était de circonstance puisque l’on fêtait cette semaine les 40 ans où l’Homme aura foulé la surface de la Lune pour la première fois de l’Histoire de l’Humanité.

Shadow of the Moon revient sur l’incroyable épopée des missions Apollo qui se sont étendues entre 1968 et 1972. Durant cette période, pas moins de 24 astonautes ont été envoyés dans l’espace en direction de la Lune. Tous avec le même objectif: celui d’atterir pour la première fois sur la Lune. Le rêve le plus fou auquel s’est attaqué l’Homme depuis des siècles et qui aura son aboutissement grâce à la pugnacité, le courage mais aussi la folie de rêveurs: les astronautes engagés dans l’aventure mais aussi le président américain de l’époque John Fitzgerald Kennedy dit JFK, symbole de l’Amérique conquérante dans les années 70.  Ce seront dix-sept missions Apollo en tout qui seront envoyées, alors que le contexte politico-sociale est des plus instables: Guerre Froide, Guerre du Vietnam, Guerre de Corée, assassinat de JFK. L’enjeu est d’autant plus considérable qu’il s’agit d’une véritable course à l’espace, les Américains étant poussés par les Russes et leur représentant spatial Yuri Gagarin emmené par le succès du satellite Sputnik. Le film est composé de témoignages des véritables astronautes de l’époque, notamment de la célèbre mission 11 emmenée par Neil Amstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins. C’est au travers d’anecdotes particulièrement croustillantes, émouvantes et drôles que l’on suit, émerveillé, l’épopée de ces astronautes, depuis leurs longs essais sur Terre jusqu’à leur arrivée sur la Lune. On reste fasciné par leurs paroles qui transparaissent de façon très palpable, malgré les quarante années, l’excitation, du stress, l’émotion de ces hommes. Tout comme on est surpris par la franche décontraction dans leur façon de raconter leur exploit,
en toute humilité: entendre de la bouche de Buzz Aldrin (qui a inspiré le personnage de « Buzz l’éclair » dans le film d’animation Toy Story) raconter sur un ton plaisantin que si Neil Armstrong fut le premier à poser un pas sur la Lune, que lui avait été le premier à avoir uriné dessus pour des raisons « physiologiques » est un morceau de choix.

« Dans l’ombre de la lune »: Un film que je conseille donc vivement à tous ne serait-ce que pour ses images d’époque superbement restaurées pour l’occasion, disponible en DVD aux éditions MK2.

Le film fut ensuite suivi d’un débat en présence de chercheurs et spationautes: Mr Jean-Pierre Haigneré (spationaute – ESA / CNES); Mr Francis Rocard (planétologue – CNES); Mr Jacques Arnoux (Astro Physicien – CNES). Durant cette séance de question réponse, plusieurs questions étaient dignes d’intérêt:

  • A l’origine, il était prévu d’envoyer jusqu’à vingt missions Apollo: de par les restrictions budgétaires, seules 17 arrivèrent à terme. Il faut savoir que le budget alloué à la NASA à l’époque pour ces missions atteignaient la somme astronomique de 27 millions de $, un budget inégalé encore aujourd’hui puisqu’il n’est que de 16 milliards de $ à l’heure actuelle.
  • Les technologies avancées employées à l’époque sont toujours d’actualité encore maintenant comme la pile combustible ou encore la norme qualité. Néanmoins, on constate que depuis cette époque, les technologies d’élaboration d’une
    fusée n’ont pas évoluées et ce, pour une raison purement économique: les groupes industriels étant en monopoles et fabricant les composants à petite échelle, les coûts de production restent drastiquement très élevés. De même, le contexte économique et politique n’étant plus le même, il n’y a plus cette émulsion qu’était la course à l’excellence : seule la Chine pourrait avoir un rôle déterminant dans l’histoire de la conquête spatiale dans les années à venir.
  • Le défi pour les générations actuelles et futures sera donc de tenter de diminuer ces coûts de production, de continuer à développer des technologies peut-être moins sophistiquées mais qui raccourciront les délais de lancement. Ceci permettra de démocratiser le contact de l’Homme avec l’espace. Et ce sera une réalité pas plus tard qu’en 2010 puisque la société emmenée par le milliardaire Richard Branson, Virgin Galactic, lancera sa première navette après six années d’étude et 250 millions de $ de budget.

Finalement, l’aspect le plus important qui doit en ressortir de cette formidable aventure spatiale est la prise de conscience de chacun que nous appartenons au final à une même planète. Une phrase d’une portée immense et qui fait  inévitablement prendre conscience des enjeux que sont aujourd’hui la protection de notre environnement, de l’écologie en générale, finalement de notre planète bleue « si ronde, si belle, si fragile »…

« That’s one small step for (a) man, one giant leap for  mankind. »

(« C’est un petit pas pour l’homme, mais un bond de géant pour l’humanité. »)

Neil Armstrong