CRITIQUE CINE – Cars 2

Sorti il y a maintenant cinq ans, Cars avait été pour moi une excellente surprise lors de sa sortie. Il faut dire que raconter une histoire avec des automobiles qui parlent avait de quoi être choquant, un concept un peu trop niais à mon goût. Une erreur bien vite réparée depuis. Il n’en fallait pas plus pour que je me précipite voir la suite des aventures de Flash Mc Queen…

Il y a quelques jours, j’avais profité de sa diffusion télévisée pour revoir le premier film Cars. Il s’agissait de la seconde fois que je le visionnais, la première étant au moment de sa sortie. Le film n’a rien perdu de son peps et je garde toujours un souvenir ému de cette épopée à Radiator Springs. Voir toutes ces voitures renvoient directement à l’imaginaire de notre enfance et ce côté nostalgique était repris tout du long dans le film.

Cars 2 reprend l’histoire là où elle s’était arrêtée. Devenu champion de la Piston Cup, Flash Mc Queen n’a eu de cesse de remporter des trophées sans pour autant prendre le melon, et ça, il le doit à toute sa petite famille de Radiator Springs. De son meilleur ami Martin à sa très chère Sally en passant par notre duo d’italien impayable Guido et Luigi, tous sont là à l’exception du vieux Doc Hudson qui s’en est allé (NDT: ceci en hommage à son doubleur original, lui-même décédé depuis. RIP). Premier fan d’entre les fans de Flash, Martin a toujours autant de mal a caché son enthousiasme et souvent de manière très maladroite. Naturel au possible, l’amitié débordante de Martin envahit Flash et a le don de l’agacer. Et c’est donc par accident qu Flash se retrouve embarqué dans une compétition qui l’entraînera quatre coins du monde et dont l’objectif sera de battre Francesco Bernulli, voiture de formule 1 italienne par excellence tant dans ses mimiques que dans son arrogance. Parallèlement à la course, une sombre histoire de complot se trame en coulisse: un mystère que tenteront d’élucider les espions Sir Miles Axlerod, la plantureuse Holley Shiftwell et un intervenant inattendu, héros malgré lui…

Toujours réalisé par le grand manitou des studios Pixar John Lassetter, on sent que la dernière production Disney constitue une sorte d’aboutissement de l’idée qu’avait John de l’univers de Cars. Si le premier film était centré sur l’aspect nostalgique de la fameuse route 66 et ses paysages magnifiques des canyons américains, Cars 2 abandonnera tous ces aspects pour se concentrer sur une histoire plus conventionnelle. Martin est clairement le héros de cet opus, au point de se demander si on aurait pas pu changer le titre en Cars : les aventures de Martin plutôt que Cars 2. Certes, le thème de l’amitié à toute épreuve » entre Flash et Martin demeure mais n’est qu’en toile de fond (le rôle de Flash Mc Queen tient plus du rôle secondaire ici) devant les phases d’actions, elles, omniprésentes. On retiendra surtout deux choses de Cars 2: le travail sur l’univers de Cars et sa réalisation de haute volée. Quand cars ne montrait quasiment que des voitures, Cars 2 nous fait le catalogue d’un nombre incroyables de voiture (Gran Turismo 5 peut aller se recoucher) mais également de beaucoup d’autres moyens de locomotion: sous marin, croiseur, hélicoptère, avion de chasse, et j’en passe. On viendrait presque à se demander où est la logique du titre.

Mais il ne faut pas se leurrer : Cars 2 est bien une histoire de voitures avec des voitures ! Toutes sont d’ailleurs reproduites à merveille. Faut il également parler des décors, tous aussi somptueux les uns que les autres. De Tokyo à Londres en passant par Paris et Porto Corsa, on regarde émerveillé les reproductions fidèles tant des monuments que des environnements. J’avoue été bluffé par le travail accompli sur ce film. Et bien que cela soit une suite, les studios Pixar sont parvenus à nouveau à insuffler une véritable âme à toutes ces autos, renforcé par des jeux d’expressions et d’émotion au niveau des yeux impressionnant. Ça m’a d’ailleurs beaucoup fait penser aux sketchs des Têtes à Claques. Ajoutons enfin, la bande son du film, entre pop et country, qui vaut le détour.

Venons-en aux quelques points qui font tâches. A commencer par la violence développé tout le long du film. On a beau dire, l’univers de Cars s’adresse à toute la famille, aussi bien aux grands qu’aux enfants. Mais la présence d’armes à feu à outrance était-elle justifiée ? Certes, on comprend qu’il s’agissait plus d’un hommage à tous ces films d’espionnage, aux derniers films James Bond qui va même jusque dans les combats, capot à capot, que ne renierait pas un Daniel Craig dans Casino Royal. Mais fallait-il jusqu’à faire périr des voitures, même de façon suggérée ? Autre maillon faible : les pitreries omniprésentes de Martin, à la limite de l’autisme, se montrent à la longue bien lourdingues et n’amuseront au final que les plus jeunes. Enfin, on pourra regretter l’absence de la voix française originale de Martin du premier Cars, Michel Fortin, décédé le 18 mars dernier, ayant été remplacé au pied levé par un Gilles Lelouche sympathique mais un peu trop franchouillard.

Avec son statut de suite conventionnelle, Cars 2 parvient malgré tout à tenir ses promesses. Même si on regrette les contrées désertiques américaines et tout le côté nostalgique du premier film, on plongera littéralement dans le cœur de la compétition sportive dans cette suite. On ne s’ennuie à aucun moment et le film regorge de scènes d’actions bluffantes visuellement parlant. On se doute que sortir un tel film avec une telle panoplie de véhicules apparaissant laisse la porte ouverte à un merchandising féroce en matière de produits dérivées pour enfants. Les pitreries de Martin confirment d’ailleurs bien la cible pour laquelle ce film est destiné. Mais peu importe: Cars 2 est un pur divertissement avant tout comme sait si bien le faire le studio Pixar et c’est bien tout ce qu’on lui demandait. Ceux qui cherchait une quelconque parole philosophique comme dans Wall-E et Là haut seront par contre bien déçus. Joyeux anniversaire Pixar !

Cars 2 est actuellement dans toutes les salles. Gotcha !!

Note :

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